J'ai rempli mon sacs à doc comme à l'accoutumée. mis un ou deux outils (couteau, trépied, gants, etc...) puis je l'ai posé dans l'entrée. Je suis ensuite passé dans la cuisine pour mettre ma Thermos sur la table et préparer le café dans la machine de façon à décoller plus vite le lendemain matin. Une fois les préparatifs terminés je décidais d'aller poser LA question à ma femme.
"Pourrais tu me redre un service?"
je vis son regards inquiet qui semblait me dire, "mais qu'est ce qu'il va encore me sortir..."
"Pour les besoins d'une expérience il faudrait que tu pennes cet appareil photo."
Je lui tendis le compact que je prends avec moi de plus en plus souvent de façon à me forcer à faire des photos de qualité avec un matériel moins perfectionné qu'un reflex.
" Je voudrais que ce soir, avant de te coucher, tu le mettes... ou pas dans mon sac."
"Quoi? Que je le mettes ou pas?
" C'est à toi de décider si demain je pourrais ramener ou non des photos de ma ballade".
Je parti à 7h ce matin là. Il faisait froid. Je parcourais une centaine de mètres du parking et je décidais que cette petite zone de prairie conviendrait parfaitement à ce que j'avais en tête. une tige de blé plantée dans l'herbe et un cadre carré contenant des pétales de roses multicolores tenus en leur centre percé par de longues graminée trouvées sur place. Une bonne heure ne fut pas de trop pour venir à bout de cette réalisation inspirée de celle que fait si bien notre ami Richard Shilling. J'orientais ensuite le cadre en direction du soleil. Non pas pour que sa lumière passe au travers des pétales et leur donne ainsi un éclat quasi mystique. Non, je voulais juste ce soleil sur le bord du carde de façon à créer un tout petit contre jour. Suffisamment présent pour donner une part de mystère à l'image mais également laisser un peu transparaître un peu de lumière au travers des pétales. Equilibre délicat que je m'apprêtais à tenter de trouver quand, en ouvrant mon sac à dos et après une fouille minutieuse, je me rendis compte que l'appareil photo n'était pas là.
Frustration, réflexion, acceptation,
puis contemplation de la création,
plus longuement que je ne l'avais jamais fait.