suite du précédent article :
...J'étais au début d'une expérience. Je repris alors délicatement le pont dans mes mains. Pas de mouvements brusques car les feuilles (je ne sais pas s'il s'agit de feuilles ou de fleurs en fait) pourraient se détacher en un instant.
Mes chaussures font "spouache ! spouache !", trempée qu'elles sont de mes pérégrinations sur les sables humides. Je n'aime pas trop cela à vrai dire. Je pose un instant ma structure en la plantant dans le sable histoire de me dégager un peu les pieds qui se sont enlisés. Rien de grave mais que voulez vous, le citadin est un peu chochotte.
Le "spouache !" se transforme alors en une sorte de "broutch !" et à peine mon nez se relève-t-il que mes yeux sont attirés par une étrange brillance.
C'est bien ça! Ma petite structure ainsi plantée dans le sable est devenue vitrail. Capteur de lumière ou attrape lumière! Les idées se bouscules dans mon esprit. Et cette lumière d'avoir quelque chose de ce mystère que nous ne perceront jamais de la beauté du monde. D'artiste amateur land art qui se cherche, je viens de passer en quelques secondes à ... autre chose... En fait, c'est une des rares fois où l'une de mes petites créations de bric et de broc réussit à m'émouvoir. Je créait pour les autres, celle-ci était pour moi, et la lumière aussi.
"En travaillant le vitrail, tu travailles la lumière, tu l'offres aux autres. Et cette trace d'infini nous rappelle que l'émerveillement est toujours possible."
maxime gravée dans la cathédrale saint Sylva de Macabane par un vitrailliste anonyme du XII ème siècle
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Cet article est dédié à Richard Shilling pour la grande amitié artistique dont il me fait l'honneur.
This is dedicated to Richard Shilling for his artistic friendship.





11 Comments:
bonjour et merci du passage sur mon site.
Pour l'expo de clermont, place de la Victoire dans la librairie "nos racines d'auvergne", oui, il m'arrive d'être présente, mais pas tout le temps car je ne suis plus de clermont, mais à 40 km plus au sud.
j'y serai samedi prochain aprés midi dés 14h.
A savoir quand meme que les tirages sont un peu trop sombres et contrastés par rapport aux originaux. Le labo ne m'a pas donné vraiment satisfaction cette fois ci.
Bonne journée et peut etre à bientot !
Magnifique travail, Emmanuel...c'est superbe !
Quand l'imprévu et l'émotion sont au rendez-vous, que demander de plus ?
N'est-ce pas là finalement le plus important ?
Le fait que notre création, tout à coup et de façon imprévisible, nous "dépasse" ???
de zéro à l'infini sur l'échelle de l'émotion...
J'ai en ce moment des problèmes de débit de connexion qui ne me permettent pas de profiter avec fluidité de ce très beau travail...
L'expérience personnelle que tu relates, me touche car, nous en avons maintes fois discuté, pour moi, la pratique artistique est effectivement en premier lieu un mode d'expérimentation, de découverte.
Tu as pas mal tourné autour du pot en usant d'artifices et en allant jusqu'à jouer à "la roulette russe" avec ton appareil photo ;-)) et puis là, tu le ressens au fond de toi.
Ce qui rend les choses un peu complexes et qui brouille les pistes, c'est qu'en "bidouillant" ces petites choses, on expérimente concrètement des choses matérielles, le chaud, le froid, le poids, la texture, la lumière... mais aussi des concepts abstraits qui nous apparaissent d'un coup familiers et que nous pouvons intégrer intimement.
Ce qui m'intéresse également dans le rapport à l'art, c'est l'empathie, que je considère également comme une forme d'expérimentation... par procuration certes, mais ressentir de l'empathie n'est pas tout à fait du même ordre que comprendre, même s'il n'y a pas non plus d'expérimentation physique.
Lorsque tu finalises avec grand soin la présentation de tes expérimentations, tu permets à celui qui les regarde de ressentir une empathie qui sera d'autant plus forte qu'elle renverra à sa propre expérience.
Il est donc important que tu continues de finaliser tes travaux... ce que personnellement, je ne fais pas ;-)))))
Franck
vivement que ta connexion redevienne normale car le diaporama (qui peut être automatique ou manuel) est une part importante de l'article. Il montre les différentes facettes de cette composition et cela exprime pour moi, l'ensemble des émotions que j'ai pu ressentir ce matin. Une façon de plus pour tenter de retranscrire les émotions et de les faire partager.
Lorsque , de ton côté, tu dis que tu ne fais pas cet effort de mise en forme de tes images je n'y vois pas un défaut. ce côté brut que tu revendique est pour moi une affirmation de l'expérience en temps que telle et une volonté de ne pas attirer justement l'empathie. Ton message est selon moi : Vous ne trouvez pas ces images esthétiques ou très travaillées? Et bien ce n'est pas mon but. Venez expérimenter à votre tour ! L'important n'est pas ce que je fais et ce que j'en montre, l'important c'est ce que je ressent en le faisant. Et ce que je ressent est aussi brut que ces images!
Oui, et si je vais jusqu'au bout, je peux te dire que même en ayant juste un aperçu des images, et surtout en sachant qu'elles existent, ça me suffit pour avoir envie de retourner faire des "expériences" dans ce genre d'endroit que je connais assez bien et pour ressentir de l'empathie.
Garde-toi par contre d'idéaliser mon attitude, je ne revendique rien en n'allant pas jusqu'au bout.
Je suis comme le pêcheur qui sait apprécier le temps qu'il a passé au bord de la rivière et qui ne considère pas qu'il aurait mieux fait de rester chez lui parce qu'il n'a pas pris de poisson... mais je ne dis pas que pour être un bon pêcheur il faut ne pas attraper de poisson ;-)
Autre chose... si ce qui te contrariais, c'était la ressemblance de ton travail avec celui de Richard Shilling... rassure-toi, on voit bien que ça n'a rien d'un plagiat.
Outre qu'elle t'aura permis d'éprouver intimement l'environnement et les matériaux, cette expérience t'aura fait entrer un peu plus en empathie avec le travail de Richard, qui lui-même a fait la même chose avec celui de Andy Goldsworthy... et je crois que ce mélange intime et actif des rôles d'artiste et de spectateur participe à constituer le fond de culture que K. White appelle de ses voeux.
L'échelle du temps comme seul repère, comme seule envergure. De la plage au mont, rien ne se perd, tout s'ajoute, s'affirme, se révèle.
Échelle ou pont, passage et lien, aident à rejoindre ces territoires.
Sympa ce diaporama!
David
Je comprends mieux ton commentaire chez moi en ce qui concerne le vitrail
Tes écus valent plus que de l'or puisqu'ils sont de lumière.
Très belle composition !
Franck et david, merci pour ces derniers messages. Effectivement, tout se révèle. Et de plus en plus...
Géco : Effectivement, cette symbolique du vitrail est venue en même temps sur nos deux blogs et je compte bien, de mon côté, la poursuivre.
bonjour, je suis fleuriste et adore les lunaires ou monnaie du pape , je crois que ce que tu as utilisé sont les enveloppes des graines, les graines étant prises dans trois enveloppes supperposées ( celle du centre étant la plus belle, blanche, avec des petits traits sur les bords)
j'aime vraiment ton échelle ; je découvre tes travaux , tout cela est enchanteur, merci
Sans aucun point de repère, on dirait que cette installation est immense mais à regarder plus bas dans la page je me suis rendu compte que je m'était fait berné par la photo (Qui est d'ailleurs très réussie)
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