art et nature avez vous dit ?

PLUMe land art c'est quoi? Et bien ce n'est pas vraiment du land art, c'est plus du land brouillon. Des essais, des échecs , des essais... encore. L'important étant la pratique plus que l'œuvre finale. Le chemin plus que le but... et je vous invite à parcourir ce chemin avec moi...

22 janvier 2011

EXHUMATION



exhumation

14 Comments:

flo said...

les chemins de l'esprit empruntent toujours des voies souterraines avant de pouvoir se manifester au grand jour...

Ta composition peut ouvrir la voie à multiples métaphores sur la racine,l'origine,la transmission,la permanence,le perissable,l'arbre généalogique,le passage,la vie,la mort...tu as choisi l'exhumation

emmanuel said...

L'interprétation peut en effet être multiple et j'ai bien conscience que le titre devait être ici primordial. Je vois ces branches comme l'exhumation d'un cadavre que j'aurais dans le placard de ma pratique land art. Le fait de l'exhumer me permet à la fois de l'assumer mais également de me libérer de certaines interrogations que à la longue me freinaient plus qu'elles ne me stimulaient. Mais ce n'est que le premier de quelques travaux qui sont sur cette même thématique. Ce n'est par exemple en rien comparable aux racines déterrées de Nils Udo ( http://www.bernardcollet.fr/bio/Nils_Udo/nils_udo_root_sculpture_86_m.jpg ). C'est de façon délibérée que j'ai placé une branche trouvée au sol dans ces trous et non des racines. Ce qui est présent ici n'a en réalité rien à faire sous terre... du moins pas encore.

flo said...

j'avais bien vu la différence...

j'avais bien ressenti aussi ton désir de renouveau, de renaissance,de changement s'exprimer à travers cette image mais je ne voulais pas moi-même ramener l'analyse à toi sans y avoir été "autorisée" par l'interessé! ;-)

Tu confirmes tes "bonnes résolutions" de début d'année...tu personnalises ton expression, prends des risques ,celui de n'être pas suivi, compris, apprécié entre autres...et j'aime bien voir la r'évolution en marche!

emmanuel said...

Comme je le disais j'ai encore quelques (plein en fait) de vieux travaux que je vais poster cette année mais à chaque fois j'essaierais d'avoir un regard critique ou disons, éclairé de cette nouvelle vision quand je les posterais. Je ne sais pas si on peu dire que la révolution est en marche mais en tous les cas j'ai passé un stade : celui de vouloir à toit pris poster des travaux qui trouvent une adhésions générale. Quand je postais ce genre de travaux, je ne comprenais pas la critique ou du moins elle me touchait. Pourquoi? Parce que je ne maîtrisais pas totalement leur gestation. Attention ,e je ne dis pas que je veux maîtriser mes travaux. bien au contraire, il faut leur laisser leur vie propre. je veux juste dire que je veux assumer leur mise en oeuvre. Que cela vienne de moi et non de ce que j'anticipe comme allant être la réaction de ceux qui recevront ces travaux.

Franck said...

Je vais une fois de plus entrer par effraction, sans avoir, comme Flo, la bienséance d'attendre qu'on m'ait invité à le faire:
J'ai le sentiment qu'avec le relatif mais réel succès de ton blog, tu t'es construit, petit à petit, un cadre rassurant et stressant à la fois, balisant l'espace et contenant une liberté difficile à assumer sans cela.
Des obligations, des responsabilités, un arsenal de règles librement consenties... des gardes fou...
Un peu comme le nouveau retraité continuant à faire sonner son réveil.
Faire des sorties landart pour alimenter le blog... temps perdu... regard des autres... exemple des maîtres.
Je n'ai vu dans "nouveau départ, encore..." que des bonnes résolutions alignées à grand renfort de clichés...
Je perçois beaucoup mieux ce que tu veux dire avec cet article et surtout dans ton dernier commentaire, et j'y sens réellement le ferment de ce changement annoncé.
Je crois que le type de travail que nous faisons gagne en intensité et en profondeur lorsque nous le situons sur le terrain de l'expérimentation plutôt que sur celui de la représentation. Lorsque nous songeons à ce que nous avons nous-même appris en le réalisant et à ce que nous évoque le visionage avec du recul de leurs traces photographiques plutôt qu'à leur effet esthétique immédiat.
Tout ce que tu as fait jusqu'à présent peut et doit nourrir la confiance qui te permettra de profiter sans crainte et sans stress des libertés offertes.
Tu n'as de comptes à rendre qu'à toi-même et ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus simple...

flo said...

"Graves-toi,mon cher Manu(Lucilius),ces belles choses en ton âme,afin de tenir pour néant le plaisir qui jouit de l'approbation générale.Beaucoup font ton éloge.Tu crois avoir de bonnes raisons d'être content de toi parce que tu es capable d'être compris du grand nombre? C'est àl'assentiment intérieur que tes mérites doivent tendre."
Cadeau de Sénèque
"apprendre à vivre"

Géco said...

Si mes souvenirs sont bons : sans racines.... pas de branches, ni de feuilles, ni de fleurs, ni de fruits....
Tu as raison de rappeler l'essentiel....d'exhumer des vérités un peu trop enfouies ! De montrer l'origine de la vie


Je trouve cette compo très réussie : Bravo Manu

PS : J'ai rencontré Thomas ce Week-end et d'après toi de quoi avons nous parlé ?

emmanuel said...

Oui, l'essentiel.
Je crois que c'est une étape logique. Je me lasse de juste présenter mes travaux et en parallèle de cela, j'accorde moins d'importance au "mais si personne ne regarde mes travaux (sur le net ou dans la réalité) à quoi cela sert-il que je les réalise?"
Je suis à la fois dans cette réflexion et dans une autre plus large sur l'utilisation d'internet comme faisant partie intégrante des oeuvres et non comme simple espace d'exposition. Un peu comme un Fulton expérimentant non pas l'espace réel et le paysage, mais l'espace virtuel.
à suivre...

Franck said...

Je suis très intéressé par tes réflexions, mais surtout par tes expérimentations, sur l'utilisation d'internet...
A suivre donc...

emmanuel said...

oui à suivre...
car pour le moment ce ne sont que de belles paroles. mais je les diffuses afin que, si vous le désirez, vous rebondissiez dessus dans vos propres expérimentations.

Géco said...

Pour Fulton, l'homme qui marche est l'artiste et c'est sa propre perception de son environnement qui fait l'oeuvre...
Faut être un génie pour trouver ça ! désenfouire les choses fondamentales.... comme un aboutissement, une atteinte de la pureté( un peu comme l'écrit Hokusaï : à 110 ans je dessinerai une ligne... et ce sera la vie ).
Cette démarche comme celle d'Herman de Vries m'interpelle beaucoup en ce moment...donc je médite.

franck said...

Quand je pense à de vries et Fulton, je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui sont allé encore plus loin, en ne produisant pas d'oeuvres d'art.
Il en existe forcément, mais par définition, nous ne les connaissons pas.
Aussi radicaux que puissent paraître ces deux artistes que j'apprécie beaucoup et qui me font avancer, je pense que c'est en réalité un sens aigu de la mesure et du compromis qui leur permet d'exister en tant qu'artiste.
Tout comme Richard Long laissant une trace à la limite du perceptible dans l'herbe d'un pré.
Au vu de tes récentes expériences, Geco, il est clair que tu dois ressentir cela intimement.

Adiante said...

Ce post m'a interpellé dès sa parution, voir bousculé ! Au-delà de la réussite artistique je n'ai pu laisser de commentaire ...

Quand j'ai vu mon jardin j'avais une image de mort que j'ai essayé de mettre en mots et images ... Il y avait tant d'émotions liées à de souvenirs ...

Merci Emmanuel d'être à l'origine de l'inspiration de mon billet Réanimation !

emmanuel said...

Sans doute la saison est elle propice à ce genre de pensée. mais ne laissons pas de côté que face à cette image froide, le renouveau est proche.