art et nature avez vous dit ?
PLUMe land art c'est quoi? Et bien ce n'est pas vraiment du land art, c'est plus du land brouillon. Des essais, des échecs , des essais... encore. L'important étant la pratique plus que l'œuvre finale. Le chemin plus que le but... et je vous invite à parcourir ce chemin avec moi...
Je me suis surpris l’autre jour à répondre de façon un peu vive à un poste de Florence sur lequel elle exprimait son malaise d’avoir cueilli des fleurs pour créer une petite composition qui en plus ne lui semblait pas réellement abouti. Se laisser porter par l’inspiration oui, mais pour que cela ne donne rien au final et entre temps avoir coupé des fleurs pour rien… Elle ne se sentait pas très bien et du coup cela l’a fait réfléchir sur le développement que nous connaissons à l’heure actuelle de l’art dans la nature. Si elle, qui est très attentive et responsable avait pu commettre ce genre d’erreur, comment gager du comportement d’enfants et d’adultes que l’on entraîne dans ces nouvelles joies de l’art en plein air. Le prosélytisme serait-il dommageable à l’environnement dans ce cadre là ? J’ai souvent été l’objet de ce genre de critique et elles m’ont toujours touchées et poussées à m’interroger à la fois sur ma pratique mais également sur mon prosélytisme en la matière. Inciter des gens à couper des fleurs, couper des branches… C’est pour cette raison que j’ai très tôt accompagné mes créations de « recommandations » de façon à responsabiliser ceux qui voudraient suivre mon exemple. Et puis il y a eu les 81.
Sur le plateau de Gergovie, ces 81 fleurs de pissenlits semblaient n’être rien. Et au final je pensais n’avoir prélevé que peu de fleurs pour créer avec ma fille. Quand je les ai compté cela m’a semblé énorme. Imaginez une initiation avec 10 enfants : 810 fleur ! J’ai pris peur. À tort ou à raison. Je me suis alors souvenu de mes belles paroles contre Flo et j’ai ressenti un certain malaise. Nous avons donc passé le reste de la matinée à jouer avec ces mêmes 81 fleurs. Jusqu’à quitter notre lieu de pique-nique pour qu’une autre famille vienne s’installer dessus, les enfants semblant amusé de ce cercle jaune que nous avions laissé là.
Mais quel message ais-je essayé de transmettre à ma fille avec ces amusements ? Celui de respecter la nature ? Heu…. J’ai éprouvé la limite de mes belles paroles… Mon travail personnel a déjà du mal à se tenir dans son discours et sa dialectique mais celui du « land art en famille » a un peu de plomb dans l’aile. Du moins pour ce qui est de cueillir des fleurs. Ce qui me turlupine c’est que de cueillir un bouquet de fleurs pour l’offrir à sa maman semble si « mignon » mais que dans notre cas, je me suis senti mal à l’aise. Pourquoi ? Peut-être parce que le plus important est je message que nous faisons passer à nos enfants. Et dans mon cas, pour le moment, il n’y avait pas de message autre que celui de s’amuser. J’aurais peut-être pu me contenter de jouer avec trois fleurs et les petites pierres se trouvant dans les parages. D’autant plus que ce qui a le plus amusé ma fille ce week-end fût de jouer avec… son cerf volant !
Changement d'échelle, nouveau monde a explorer.
NILS-UDO
« Flottaisons »
Installation, photographies, nouvelles peintures,
où l’eau devient le support poétique de l’œuvre éphémère…
EXPOSITION DU 1er au 30 avril 2010
« 1129/09 La Forêt dans l'île »
Huile sur toile
2006
90x 220 cm
"Depuis 2004, Nils-Udo à décidé de reprendre son œuvre de peintre. Il réalise de grandes toiles, d’abord autour des thématiques essentielles des installations qui l’ont rendu célèbre, pour arriver rapidement à la peinture « pure », qui transcende l’unique et inépuisable thème de sa vie : la Nature.
Cette exposition réunira une trentaine d’œuvres majeures de l’artiste, juxtaposant dessins préparatoires et photographies de ses installations éphémères, mais aussi de nouvelles peintures, dévoilées pour la première fois.
Un film inédit, montrant la genèse de l’œuvre centrale, « Irruption d’été », a été réalisé spécialement par August Pflugfelder, fils de l’artiste, pour accompagner l’événement."
Extrait du communiqué de presse.
Galerie Pierre-Alain Challier
Paris
Après un article de David qui a "révélé" une très belle souche d'arbre la semaine dernière, je me suis rappelé avoir tenté de révéler quelque chose moi aussi, avec un autre ami cette fois-ci : Serge mon nouveau complice land art Auvergnat. Nous étions près de Cournols au Sud de Clermont, sur un plateau granitique dont les paysages font pensé à la Bretagne et où, comme là-bas, des dolmens et des menhirs se dressent fièrement. De nombreux blocs de pierres parsèment le plateau et c'est autours de l'un d'eux que nous avions décidé de nous amuser ce matin là. Après l'avoir longuement exploré, au centre, l'un des rochers les plus imposant présentait cette faille qu'il nous a semblé évident d'exploité. Les ronces constituaient l'autre élément fort du site que nous allions utiliser pour d'autres créations... Ce n'est que vers 11 heures ce matin là que nous avons cessé nos activités, surpris par le passages de chasseurs qui ont dû trouver ce que nous faisions aussi incongru que ce qu'ils faisaient eux-même. Imaginez des hommes marchant silencieusement dans la lande, sans mot dire, accompagnés de chiens avec au cou de petites cloches produisant exactement le même son que les loches de vaches. A peine un bonjour et une question : Qu'est ce que vous faites? Voyons voire... allions nous tenter d'expliquer en deux secondes ce que nous étions en train de faire à deux chasseurs qui n'arrêtèrent même pas leur marche pour écouter notre réponse? Je me souviens juste de Serge leur lançant sur un ton amicale une petite maxime poétique dont lui seul le secret. Et les grelots de tinter au loin...
Une série simple mais dont le but est juste de rappeler nos jeux simples au delà de toute considération artistique.
Merci à Florence, Franck et David qui m'ont aidé à m'en rendre compte.
Bon week-end de Pâques à tous.