art et nature avez vous dit ?

PLUMe land art c'est quoi? Et bien ce n'est pas vraiment du land art, c'est plus du land brouillon. Des essais, des échecs , des essais... encore. L'important étant la pratique plus que l'œuvre finale. Le chemin plus que le but... et je vous invite à parcourir ce chemin avec moi...

3 novembre 2010

Processus :

En conclusion et en hommage à Bob Verschueren :
Processus

22 Comments:

flo said...

les derniers mots me semblent essentiels...laissez vivre!

Plutôt que de décortiquer le processus créatif,tu as rassemblé chaque étape et tenter de ramener le tout à l'essentiel sans en dire trop...ensuite ...il faut ,comme tu dis,la laisser vivre et nous laisser l'accueillir!

La Licorne said...

J'aime beaucoup les couleurs des branches du cornouiller...qui illuminent les jours d'hiver...

La dernière photo (triangle) est très réussie, je trouve et ce que tu as fait dans la rivière a dû te demander beaucoup de patience !

Ceci dit, je rejoins Flo:
la création, ce n'est pas un processus analytique, une démarche intellectuelle !
Si ça le devient, alors, la VIE déserte la création !!!

Ce qui compte c'est avant tout l'INTUITION !!!!
Se laisser porter par son intuition, voir où elle nous emmène...(souvent là où l'on avait pas du tout prévu d'aller), se laisser TRAVERSER par le subtil et l'indéfinissable...essayer, essayer, encore essayer...jeter ce qui ne nous paraît pas bon (toujours en utilisant l'intuition et non l'intellect).
Puis LAISSER VIVRE....

Et laisser les autres, ceux qui regardent, décortiquer et analyser (si ça leur dit) ce qu'on vient de faire....
Mais surtout ne jamais laisser l'intellect- celui qui classe, range, trie - mener la danse...car il déssèche tout...
à mon avis.

L@urence said...

beaucoup d'idees créatives dans tout ce que je vois là !
c'est trés bien
et non, je ne connaissais pas le site dont tu m'as donné le lien
Génial toutes ces photos sur les scuptures des vignes !
moi aussi je vais partir à la chasse de ces sculptures
les vignes ne manquent pas vers chez moi.
merci

David Bertizzolo said...

La Licorne a raison, c'est l'INTUITION qui doit guider nos pas et non l'intellect.

Effectivement, LAISSER VIVRE à beaucoup d'importance même si tu ne peux pas venir voir tes œuvres régulièrement. C'est dommage car il y a beaucoup d'expériences à acquérir et beaucoup de choses à observer en laissant vivre ou "évoluer" comme je le dis plus souvent.

Je trouve qu'il manque de temps dans ce travail. La dernière photo parait être sortie du contexte, la logique se perd alors qu'un mélange fortuit et anarchique de la photo 3 aurait pu conclure admirablement ce travail de trie sélectif.

David

Franck said...

Comme vous vous en doutez, je ne suis absolument pas d'accord avec votre diktat de l'INTUITION.
Comme si l'intuition n'était pas nourrie par l'analyse, qui est elle-même guidée par l'intuition...
C'est l'ITERATION qui est importante, précisément le rapport fertilisateur entre l'intuition et l'analyse, la sensibilité et l'intellect qui est porteur de créativité... et de liberté.
Le nomadisme intellectuel, la sérendipité, ce n'est pas l'errance !
La fameuse boite noire impénétrable de l'intuition, du don... et pourquoi pas de l'inspiration divine !
Rien de plus élitiste que ça, malgré les bons sentiments consensuels affichés.
Je suis désolé, je ne suis pas aussi doué que vous, je ne suis pas capable de saisir l'essence d'un corps et de son mouvement dans un trait de fusain sur un carnet de croquis, j'ai besoin de tester, d'analyser, de recommencer, de comprendre, d'expérimenter pour avancer.
A chacun de trouver l'équilibre qui lui convient, et nul doute que cet équilibre est instable et évolue avec le temps et les circonstances.
Le fait que vous placiez l'intuition en opposition avec l'intellect est présenté comme une révolte face à une oppression, mais c'est en réalité le pire cliché que l'on puisse appliquer à l'art... c'est du pur conformisme. Et paradoxalement ce classement, ce rangement dans des cases que vous pratiquez ainsi est une pure construction théorique car cette opposition n'existe pas dans la réalité.
En vertu de ces principes vous devriez mettre à la benne la plupart des artistes que vous encensez pourtant par ailleurs... à commencer par Bob Verschueren.
Ce que nous présente Manu ici est parfait pour illustrer ce débat, car ce que je ressens intuitivement c'est un manque d'aboutissement, et lorsque j'analyse, je me dis que cela tiens précisément au fait que le rapport entre intuition et analyse n'est pas assumé, d'où cette très jolie présentation dans laquelle ce qui est créé avec l'aide d'un sécateur est sans réel rapport avec le processus énoncé... on reste dans le comme si, dans l'image, dans l'idée, dans la démonstration didactique, on n'est pas dans le concret, le réel, l'essentiel, la vraie vie...
Je ne vois pas dans ces réalisations léchées et figées, d'ouverture et de potentiel d'évolution justifiant le "laisser vivre" que je reçois plutôt comme un "lâcher moi les baskets" de dépit.
Je pense par exemple que repartir maintenant (pour de vrai) de l'énoncé "Trier par couleur", "Trier par taille", "Créer", "Montrer", "Laisser vivre" pour faire une nouvelle installation pourrait être très intéressant...

Ceci étant, je pense sincèrement que Manu est doué, et qu'il est tout autant capable de produire de magnifiques choses très sensibles et très spontanées que des travaux plus fouillés et plus élaborés. C'est pour cela que je réagis aussi vivement à des commentaires qui sous leur apparente bienveillance ne me semblent pas constructifs.

Je suis conscient de prêter le flanc à la caricature avec la pulsion irraisonnée qui me pousse toujours à couper les cheveux en quatre, mais j'espère que vous vous garderez de vous en servir pour éluder le débat lorsque vous répondrez, ce que je souhaite vivement.

flo said...

je ne sais pas si j'ai tout saisi ...mais quand je dis qu'il faut laisser le processus analytique de côté c'est dans son résultat et non dans sa gestation et sa construction...je parle du travail en amont...je ne crois pas utile de connaitre une recette pour apprécier la saveur finale d'un met...le processus de l'analyse de l'artiste enlève à celui qui reçoit la possibilité d'élaborer la sienne et la liberté de ressenti émotionnel...à trop vouloir guider,on cloisonne...il me semble!

Franck said...

C'est toute l'ambiguïté (et l'intérêt) de ces blogs qui sont tout à la fois galerie et atelier, salle à manger et cuisine.
Pour le reste, je suis parfaitement d'accord avec ton propos, c'est juste la façon dogmatique avec laquelle La Licorne et David l'ont interprété qui m'a fait réagir.

emmanuel said...

Je commencerais en parlant de l'aspect formel de cette suite de photo. Une fois de plus David a raison. J'ai hésité avant de mettre la dernière image qui n'a pas grand chose à voir avec le reste. En gros, j'aurais du choisir entre la compo dans l'eau et la flèche et ne pas mettre "montrer". Mais je n'ai pas résisté à l'envie de montrer l'ensemble des travaux réalisés avec ces branches et j'ai ensuite cogité afin de mettre un mot qui corresponde. le mot "montrer" est un peu basique. J'ai trop ou pas assez "cogité" cette présentation.
Ensuite pour parler justement de la "réflexion", j'ai été moi aussi surpris par les commentaires évoquant la primauté de l'intuition sur la réflexion. Les deux se mêlent je pense. Comme je l'ai déjà expliqué, je en plus une pratique assez particulière. Je n'ai pas beaucoup de temps à consacré à la création, aussi je passe pas mal de temps à réfléchir à mes réalisations de façon à être le plus efficace possible lors de mes sorties "land art". Ensuite, l'intuition et le hasard s'en mêlent bien entendu, mais la réflexion avant et après (quand il s'agit de présenter les travaux) a une place très importante chez moi et force est de constater que je cogite moins que pas mal d'artistes. Le tout est de trouver un bon équilibre entre les deux. Chose sur laquelle je travail car comme vous le remarquez souvent dans mes présentations : soit je balance des travaux (comme la semaine dernière) sans y réfléchir assez, soit je réfléchis trop et du coup, ce que je présente devient opaque pour les lecteurs.

David Bertizzolo said...

Effectivement, la pauvreté de mon vocabulaire ne traduit pas bien l'acte de la conception que je dois pratiquer aussi avec un bon mélange d'intuition et d'intellect. Je passe certainement trop de temps dehors et pas assez dans la lecture de livres pour bien expliquer ce processus qu'est la création.

Je fais donc je suis, après l'expliquer est plus compliqué pour moi.

David

La Licorne said...

Désolée que mon message ait été perçu comme dogmatique : je parlais de quelque chose que j'ai expérimenté moi-même, car, même si je n'ai pas votre expérience du Land Art, j'ai une longue expérience de "création", et ce, dans des domaines très variés...que je n'énumérerai pas ici...

Je parlais donc en me fiant à mon expérience. Et mon expérience me dit que l'intellect, quand on crée, est un bon serviteur mais un mauvais maître.
On est bien obligé, évidemment, de l'utiliser pour que ce qu'on crée "tienne debout" mais ce n'est pas lui qui doit nous "dicter" notre démarche, et de cela je reste persuadée.

Et quant à l'intuition, on ne peut en parler, malheureusement, que si on en a également l'expérience. L'intuition n'est pas une "boîte noire" , un fourre-tout, une chimère, c'est quelque chose de très concret, mais certains en ont et d'autres non. Ou plus exactement, certains l'utilisent souvent et d'autres jamais.

Pour faire comprendre à quelqu'un comment "marche" cette intuition, c'est très difficile...
Imaginez que vous soyez au milieu de gens qui n'ont pas de sens de l'odorat (le don de "sentir", soit quelque chose de similaire à l'intuition), et que vous vouliez leur expliquer comment vous vous dirigez (de façon très sûre) grâce aux odeurs que vous percevez : c'est mission impossible, car l'autre ne sait même pas ce que c'est qu'une odeur, il n'en a pas la moindre idée.
Et bien, à propos de l'intuition, c'est un peu ça : un sens très précis, très concret, mais impossible à expliquer à quelqu'un qui ne l'utilise pas.

Ceci dit, je suis d'accord sur le fait qu'intuition et intellect peuvent se soutenir mutuellement et se succéder dans une démarche de création.
Simplement, si l'intellect domine trop, alors on reste à coup sûr dans les "sentiers battus", dans le déjà-vu, le déjà-fait et ce qu'on fait reste "plat", sans âme et sans mystère.
On risque alors de s'égarer dans le "décoratif"...et de s'éloigner de l'art...

La Licorne said...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Franck said...

Ne soit pas désolée la Licorne, quelque soit la façon dont nous interprétons ton message, il nous fait avancer.
A mon sens, nous baignons trop dans les faux-semblants sur ce sujet.
Quelque soit l'impression que je peux donner, je ne suis pas le dernier à battre en brèche le diktat du cartésianisme qui impose le primat de l'intellect sur le corps et les sens, mais ce n'est pas pour tomber dans son symétrique qui revient en définitive également, à entériner la séparation du corps et de l'esprit.
Si l'on y regarde de plus près, on se rendra compte que contrairement aux apparences, notre société est de plus en plus gouvernée par l'intuition (parfois impulsive) et les sensations, les sentiments, que par la réflexion et l'intellect:
Le scientifique en blouse blanche de la publicité qui vente un dentifrice ou une crème anti-rides n'en appelle pas à la raison.
Les images d'émeutes en banlieue du JT ne s'adressent pas à l'intellect, pas plus que les discours des politiciens qui en font leurs choux gras.
Pour ce qui est de l'art, je ne suis pas sûr que même les artistes les plus conceptuels renoncent à l'intuition.
Je respecte tout à fait ton expérience, la mienne est symétrique, mais je ne pense pas qu'au fond elle soit opposée. C'est l'histoire du verre à moitié vide et à moitié plein.
Par contre je suis doté d'une sorte d'instinct de conservation qui m'amène "intuitivement" quasi systématiquement à prendre le contre-pied des propositions péremptoires et définitives du style:
"la création, ce n'est pas un processus analytique, une démarche intellectuelle !
Si ça le devient, alors, la VIE déserte la création !!!
Ce qui compte c'est avant tout l'INTUITION !!!!"
ou
"c'est l'INTUITION qui doit guider nos pas et non l'intellect"
Car ces propositions dressent des barrières, des frontières, des cases tout aussi oppressantes et infranchissables que ce à quoi elles s'opposent à juste titre.

Bien que je pense voir ce que tu veux dire, Licorne, je tressaute lorsque tu écris:
"L'intuition n'est pas une "boîte noire" , un fourre-tout, une chimère, c'est quelque chose de très concret, mais certains en ont et d'autres non" et que tu fais une analogie avec des gens qui seraient dénués du sens de l'odorat.
Car cela suppose qu'il y ait d'un côté les uns et de l'autre les autres, avec une frontière bien nette, alors que pour moi, il y a un continuum et pas de différence de nature, juste une différence d'acuité, de degré, qui tient bien plus à l'acquis qu'à l'inné et tout à fait susceptible de varier.
Pour ma part, je suis absolument certain de n'être fondamentalement différent ni des uns ni des autres.
Mais là encore, je pense que, quoi que tu en dises, la plupart des gens fonctionnent essentiellement à l'intuition pour ce qui est de l'art, mais également lorsqu'ils font leurs courses au super-marché... et qu'ils vont aux urnes.
Il me semble que c'est précisément de la dissociation entre l'intuition et l'intellect que provient ce qui est réellement néfaste et insidieux et qui assèche la complexité de la vie: le partage massif d'une même intuition par un grand nombre de personnes.
Méfions nous des évidences quelles qu'elles soient.

Franck said...

Pour en revenir au travail de Manu, je pense que ce qui parfois l'encombre, c'est le besoin de justification... qui ne doit pas être confondu avec la recherche de sens.
Mais ça, c'est sans doute une déformation professionnelle ;-))

seb haton said...

J'aime bien ce petit enchaînement :))
Et je suis très intéressé par votre discussion du jour. Je suis assez d'accord avec Franck, je dis ça surtout pour ne pas avoir à développer sur des pages et des pages ;))
Ah si, juste une remarque : La création n'exige pas les mêmes connexions chez chacun de nous. Nous créons tous différemment et aucune méthode n'est garante de talent.
Voilà, j'espère que ce court commentaire abscons motivera des tas de réponses sans fin ;))
Amitiés sincères à tous,
sébastien

La Licorne said...

Ce qu'il y a de bien chez toi, Franck, c'est que tu alimentes la discussion...on ne peut pas dire le contraire. :-)))

Sébastien a raison : sur un sujet comme celui-là (rapport intellect -intuition dans la création), on pourrait écrire sans fin, et même écrire un livre. entier.
D'autant plus que sous le mot "intuition", chacun met, je crois le comprendre, des choses différentes.
Alors, je vais essayer de m'expliquer plus "pratiquement" que "théoriquement".

Imaginons que je sois un land-artiste lambda.

Démarche "INTELLECT":

Je pense beaucoup à ce que je vais faire, je trouve une idée qui me paraît sympa et en accord avec la saison. J'essaie de prévoir le matériel qu'il me faut, je me rends là où je sais que je pourrai le trouver, je le prépare, je le classe, je le trie même...
Et ensuite je réalise, en ne m'écartant que peu de ce que j'ai prévu dans ma tête.

Démarche "INTUITION" :

Je pars en pleine nature en n'ayant qu'une idée vague de ce que je vais faire, voire pas d'idée du tout. Je me laisse "imprégner" par ce que je vois...ce que je rencontre.
Puis je réagis "intuitivement" à cela, c'est-à-dire que je capte le potentiel de ce qui m'entoure et je trouve une idée "sur place"...adaptée à la lumière du jour, au temps qu'il fait, aux particularités du lieu...je me lance dans une réalisation en n'ayant pas forcément une idée très nette de ce que sera le résultat, je m'adapte au fur et à mesure que j'avance dans mon travail.

Voilà comment je vois la chose...alors, évidemment, Franck, tu as raison, il y a un continuum...on n'est jamais totalement dans l'intuition, ni totalement dans l'intellect.

Mais quand même, on voit bien s'il y a prédominance de l'un ou de l'autre...

J'ai beaucoup créé dans ma vie (avec des mots (poésie, théâtre), des objets,des photos, des éléments naturels...) et, je dois dire que ce qui m'épate toujours, c'est que, si on laisse la place , disons, à une "bonne part" d'intuition...le résultat est quelque chose qui nous "dépasse", qui recèle des choses qu'on n'y avait pas consciemment mises...mais qui sont là, réelles, tangibles et étonnantes.
Tandis que si on y met une "bonne part" d'intellect, le résultat ne nous surprend pas, ne nous "dépasse" pas...il peut être extraordinairement beau, mais il lui manque la profondeur qui fait l'oeuvre vraiment intéressante, voire fascinante...l'oeuvre d'art, quoi.

Bon, j'arrête, sinon je vais rajouter encore un chapitre ! :-)

Bonne soirée !

La Licorne said...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Franck said...

J'ai bien noté que vous trouviez que j'en fais des tonnes.
Mais si j'apprécie la façon espiègle dont Seb me le fait remarquer, je n'en dirai pas autant de la Licorne qui ramène cet échange au rang d'une discussion de salon:
"Ce qu'il y a de bien chez toi, Franck, c'est que tu alimentes la discussion...on ne peut pas dire le contraire. :-)))"
Je ne cherche pas à alimenter une discussion pour le plaisir de parler, mais à contrebalancer des affirmations qui me semblent caricaturales et binaires.
Contrairement à ce que tu prétends, La Licorne, ce que tu développes dans ton dernier commentaire est totalement "théorique" et non pas "pratique". Si tu t'essayais un peu à l'exercice, tu te rendrais compte que dans la réalité, tout cela est intimement mêler.
Après être allé faire un tour sur ton blog, je te poserai donc la question suivante:
Comment classes-tu les travaux d'Andy Goldsworthy dont il regorge?

Franck said...

Pour être constructif et faire en sorte que cette discussion "théorique" nous fasse avancer "pratiquement", je reviens sur le travail que nous présente ici Manu.
Je pense qu'il n'est pas pour rien à l'origine de ce débat, précisément parce qu'il est très ambigu sur ce plan.
Autant j'aime l'idée de partir dans la nature avec un concept et des matériaux pour les confronter à la réalité du terrain, comme a pu le faire David cet hiver avec ces tubes en PVC et son idée de colonnes, autant je trouve incohérent d'insister sur le caractère "naturel" des branches de cornouiller qui dans ce contexte n'a de sens que d'un stricte point de vue écologique et ressemble plus à une justification qu'à une recherche de sens.
Autant, je trouve profonde la démarche de "l'enjeu" de Bob Verschueren, auquel Manu fait référence, qui consiste à trier les "résidus" d'élagage pour les valoriser en en faisant émerger une composition, autant tailler des branches de cornouiller bien colorées et bien droites, à la bonne longueur pour en faire une flèche de direction me semble d'un intérêt purement graphique.
Je reste sur ma faim, il me semble que l'intuition n'a pas été "sublimée", et que la "justification" a pris le pas sur l'approfondissement du sens.
Je trouve que ce travail est prometteur mais pas abouti... et que l'on ne vienne pas me parler "d'ouverture", de "place laissée à l'interprétation du visiteur", de "vie", de "poésie"... autant de choses, pratiques car indiscutables sans passer pour un intello (limite censeur), que l'on peut mettre à toutes les sauces.
Mon conseil, Manu:
Analyses bien ça pour en nourrir ton intuition et retournes expérimenter cette idée ;-))

La Licorne said...

Franck, dans mon blog, je crois que tout est dit dans la citation d'Andy Goldsworthy, sous le titre "Oeuvres de Land Art" :

"(Mes oeuvres) sont une exploration de la terre,
souvent faites sans savoir ce que sera le résultat.
Ce sont des réactions intuitives à la lumière,
au matériau à l’heure, au temps."

C'est la même chose que ce que je développe ci-dessus.

Je crois qu'Andy Goldsworthy est un cas typique d'artiste très "intuitif" (intuition soutenue par une longue expérience, évidemmnent). Et ce que j'aime, dans ses oeuvres , c'est que s'en dégage quelque chose de fascinant et de puissant...
Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu'il ne s'appuie que sur uen géométrie abstraite, je pense qu'il essaie avnt tout de traduire son appréhension intuitive de la nature et surtout de l'énergie qui la traverse.
Et que, ce faisant, il retrouve les "formes" (qui sont des formes géométriques) de la façon dont l'énergie se déplace, dans le sol, dans l'eau...etc.

Franck said...

Dans ton blog tout est dit... et son contraire aussi... et c'est précisément ça qui est bien.
OK pour le cas que tu cites, mais où ranges-tu ça ?
http://fabulo.blogspot.com/2010/11/fascination.html
Et les arches, les enclos, les cairns... je pourrais te citer à l'infini des cas où ta classification ne fonctionne pas.
Ces classifications caricaturales sont des tartes à la crème à ranger avec "la gouache aux milles visages"... inopérantes dans la vraie vie et totalement stériles... stérilisatrices mêmes !
Si on s'avisait de s'en servir, on ne ferait que de belles images pour couvercles de boîtes de chocolats.
Lorsque tu écris:
"Ceci dit, je suis d'accord sur le fait qu'intuition et intellect peuvent se soutenir mutuellement et se succéder dans une démarche de création.
Simplement, si l'intellect domine trop, alors on reste à coup sûr dans les "sentiers battus", dans le déjà-vu, le déjà-fait et ce qu'on fait reste "plat", sans âme et sans mystère.
On risque alors de s'égarer dans le "décoratif"...et de s'éloigner de l'art..."
les mots "intuition" et "intellect" sont totalement interchangeables... la proposition tient toujours... comme le verre à moitié vide et à moitié plein !
Je ne suis ni pour ni contre... bien au contraire !
Cette séparation que tu opères est néfaste quelque soit le côté où l'on se place de la frontière que tu confortes (je ne t'accuse pas de l'avoir érigée) et qui est la source de bien des maux de notre société cartésienne.
Je te recommande d'aller voir ça:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sérendipité
Je pense que la-dessus on peut se retrouver
Peace !

La Licorne said...

"In the main my approach is intuitive. Sometimes an idea travels with me until conditions are right for it to appear; even then, I need my intuition to bring the idea out." Andy Goldsworthy

Pouce, Franck !
Et, sur ce point,
Accord
Complet
Entre intellect et intuition !
:-)

Franck said...

Ouf ! ;-)