art et nature avez vous dit ?

PLUMe land art c'est quoi? Et bien ce n'est pas vraiment du land art, c'est plus du land brouillon. Des essais, des échecs , des essais... encore. L'important étant la pratique plus que l'œuvre finale. Le chemin plus que le but... et je vous invite à parcourir ce chemin avec moi...

27 septembre 2010

Nils Udo : septembre-novembre 2010

 
" Aujourd’hui je réalise mon rêve, je peints. "
L’artiste qui parle ainsi est haut en stature, tant physiquement que de part sa notoriété.
Après avoir consacré une grande partie de sa carrière à réaliser des installations dans la nature, Nils Udo s’est remis depuis quelques années à la peinture.
"Mon travail reste le même, il tourne autour de la nature, il se nourrit d’elle et tente d’emmener ceux qui observent mes travaux vers elle."
Quand on lui parle des photos de ses créations artistiques dans la nature, il nous parle de ses tableaux. Non pas qu’il soit agacé, mais juste que son être tout entier est aujourd’hui habiter par la peinture. Comment lui parler alors de la grande admiration que j’ai pour lui et pour ses travaux photographique ?
En parlant de peinture pardi !
" En somme, vous peignez aujourd’hui avec un pinceau, des pigments et une toile quand vous peigniez auparavant avec des éléments naturels sur une pellicule. "
" Voilà, c’est ça ! "
J’ai trouvé le bon moyen de lier ces deux facettes de son œuvre et d’amener Nils Udo à me parler plus précisément de ses toiles. Tantôt paysages imaginés, tantôt paysage réels, tantôt paysage issu de souvenir de ses anciennes installations, l’homme peint. Dans son atelier toujours, mais dans la nature. Cette nature est en lui et lui, ne voit aucune incohérence à avoir passé une partie de sa vie en extérieur  et   à rester aujourd’hui  le plus clair de son temps enfermé dans son atelier.
La cohérence  en tout cela ? La nature !
Et juste, d’écouter son instinct, ses envies, son amour pour la nature.
Et juste, de faire fi de ceux qui tentent de trouver une logique formelle dans tout cela.
Une belle leçon  et une exposition magnifique qui la met en perspective et qui nous est aujourd’hui proposée par la galerie Gastaud à Clermont-ferrand.
Voilà ce que m’aura appris Nils Udo ,
Voilà ce que je vais tenter ici de vous faire partager.
Et si je devais ne garder qu’un souvenir de ce moment, ce serait cette toile « sans titre » (car juste à vivre et non à nommer) que je pris tout d’abord, de loin, pour une photographie et dans laquelle je me noyais au fur et à mesure que je m’en approchais.

13 Comments:

Franck said...

Ton article est vraiment superbe Manu, vraiment bien senti et bien écrit.
Bravo!
Bon à savoir pour ce qui concerne le rapport peinture-photo-nature : Nils Udo a en permanence un petit Lumix dans la paume de sa main, et c'est à partir des images qu'il en tire qu'il peint.
Quelque chose de vraiment spécial ressort de cette hybridation parfaitement cohérente avec sa démarche.
Je réalise que dans l'expo que j'ai vu a Paris, c'est de l'équilibre entre nature, photo et peinture, qui n'est pas toujours le même d'une toile à l'autre, que dépendait mon attirance pour une toile plutôt qu'une autre.
Je réalise également, qu'une installation comme celle de Méréville, que tu as déjà présenté ici, a donné lieu à des dessins et des peintures avant d'être réalisée in situ... et d'être photographiée.
La classification n'a effectivement pas de sens ici... c'est l'interaction qui en a.
Le liseré rose qui souligne la tension de surface du miroir d'eau sur la toile que tu nous présentes est fascinant.

emmanuel said...

Merci Franck.
pour ce qui est des peinture, tout ce qu'il m'a dit c'est que cela pouvait autant être des paysages réels (donc peut-être pris avec son lumix) que des paysages issu de ses souvenirs (certaines toiles comportent des oeuvres qu'il a réalisées ) ou même partiellement imaginés.
Et effectivement l'équilibre varie d'une pièce à l'autre. Et ce que j'ai vraiment appris en parlant avec lui c'est que la cohérence de ses travaux ne réside pas dans le type d'oeuvre ou de rendu. La cohérence est dans l'émotion transmise et dans l'état d'esprit dans lequel il se trouve lorsqu'il travail. Que du feeling et pas de contraintes formelles.
Pour cette toile que je présente j'avoue que si j'avais plusieurs dizaines de milliers d'euros je me la paierais bien...

flo said...

avec cette entrée en matière "aujourd'hui je réalise mon rêve,je peints " ,Nils Udo laisse entendre que tout le chemin parcouru ne devait mener qu'à ça!...ça me laisse un peu dubitative...peindre est à la portée de tous...qu'est-ce qui l'en a empêché? c'est plutôt ça ma question!
A moins que ce soit une autre façon de formuler qu'aujourd'hui sa peinture est enfin appréciée...parce que comprise comme une suite,un prolongement de son travail initial dans la nature et que ce n'est qu'à la lumière de ce dernier que son travail prend de la valeur...d'où l'exaspération peut-être"justifiée" du rappel incessant des visiteurs,de son public à ses oeuvres.. passées...

flo said...

juste un petit mot totalement inutile pour utiliser le mot de vérification qui est...




devinez...





... nonza

:-))

Franck said...

Je pense que Nils Udo a toujours peint.
Hubert Besacier, le critique d'art qui a écrit les textes du bouquin de Nils Udo "L'art dans la nature", le situe très justement dans la tradition de la peinture paysagère.
Porté par l'époque, il est sortit de l'atelier et a substitué à ses pinceaux et ses tubes de couleur des matériaux pris directement dans la nature mais sa démarche est fondamentalement resté celle d'un peintre. Son rapport à la nature est celui d'un Turner.
Il a eu beaucoup de succès avec ça, et on lui a passé énormément de commandes pour ça, il a fait des pubs pour des parfums...
Je pense qu'il a aujourd'hui fait à peu près le tour de la question et que la peinture qu'il fait maintenant, très nourrie par l'image photographique et sa sensibilité de terrain n'est pas un retour aux sources mes réellement un aboutissement.
A mon goût, toutes les toiles que j'ai pu voir à Paris, ne sont pas de la qualité de celle que Manu nous présente ici, et j'ai le sentiment que c'est parce qu'il est maintenant âgé et qu'il peut considérer qu'il n'a plus rien à prouver qu'il peut se mettre à peindre. Un peu comme s'il prenait sa retraite.
Je crois que ce qui l'empêchait de peindre, c'est qu'il avait un "job" d'artiste super plaisant, super gratifiant... et super prenant.
Je ne pense pas qu'au stade où il en est il peigne pour avoir du succès. J'ai eu la chance de l'entendre décrire devant ses toiles la façon dont il peint... tout est simple, tranquille et sensible... il a le "loisir" de peindre... il vit son rêve... mes enfants qui étaient avec moi on tendu l'oreille pour entendre sa voix douce et calme, et il ont été subjugués... moi aussi.

flo said...

il a fait le tour de quelle question..."??

qu'avait-il à prouver auparavant dans l'exercice de son art dans la nature qu'il n'ait plus à prouver maintenant??

j'espère que sa réponse personnelle ne serait pas aussi terrible que celle que tu lui supposes...

cela dit,c'est justement parce que je ne trouve aucune antinomie à s'exprimer de multiples façons pour un artiste que je suis surprise par cette simple façon de présenter les choses...

emmanuel said...

en fait je pense tout simplement qu'il n'a rien à prouver et c'est cette liberté que j'ai ressenti en lui parlant et que je lui envie. Il n'est pas dans un rapport avec les autres de cet ordre et comme le dit franck, il est très zen.

Franck said...

Quoi que tu en dises, Flo, il me semble qu'il y a tout de même une différence entre l'art et le métier d'artiste et entre la démarche et la technique, même si dans la pratique tout cela est intimement mêlé.
Mais tu es mieux placé que moi pour en juger, et j'ai l'impression que c'est précisément ce qui suscite ta réaction.
A 73 ans Nils Udo m'a semblé bien plus apaisé que toi ;-) mais tu remarqueras qu'il dit "je réalise mon rêve", et pas "je réalise "enfin" mon rêve".
Comme je le disais dans mon commentaire précédent, je pense qu'il a en fait toujours peint, et que la différence entre les tableaux photographiques de ses installations et ses toiles est essentiellement d'ordre technique... comme la différence entre la peinture au couteau et celle au pinceau.
Quand je dis que j'ai le sentiment qu'il a fait le tour de la question, c'est également sur le plan du procédé technique que je me situe. J'ai eu le sentiment en les voyant, qu'il y avait une évolution entre ses toiles alors que son travail photographique sur les installations in situ me semble plus maintenant de l'ordre de la multiplication.
Je trouve que sa petite phrase caractérise décidément très bien, avec de l'ironie et beaucoup de finesse, le fait qu'il poursuit aujourd'hui, en peignant, ce vers quoi il a toujours tendu indépendamment de la technique employée, et que la peinture qu'il fait maintenant contient tout ce qu'il a fait auparavant.
Une belle façon de renvoyer dans leurs 22 ceux qui voient un retour à la peinture dans ce qui est un accomplissement dans la peinture.

David Bertizzolo said...

Je n'ai pas lu ce que vous avez écris au-dessus.

Il y a une espèce d'abstraction poussant au réaliste dans ces toiles, c'est fortement inspiré de la nature sans pour autant être la représentation réelle d'un paysage qu'il aurait eu devant lui. Il y a une espèce de successions de plans cohérent tout en étant assez incohérent, je crois qu'il fait un subtile mélange dans la composition de ces tableaux.

Je trouve que sur certaine toile, il n'y a aucune suite logique mais en même temps, cela n'est pas très dérangeant, je crois que c'est la composition qui prend le dessus pour nous immerger dans ces tableaux.

En grand, ça doit être encore plus impressionnant.

David

Yoann Crépin said...

Je vais peut être réaliser mon rêve aussi le weekend prochain, voir en vrai le travail de Nils-Udo en allant a cette exposition!
J'apprécie aussi tes danseuses et ton approche impressionniste...

emmanuel said...

Tu seras donc sur Clermont d'ici peu? Et bien fais moi signe, des fois que nous puissions nous rencontrer.

Géco said...

Comment se nomme ce nouveau mouvement ? Landpressionnisme ?


Je met en lien sur mon blog et l'article et les commentaires qui s'y rapportent

Merci Manu pour ce partage

emmanuel said...

Merci Greg. Le partage est le but de nos blogs donc plus l'info se propage mieux c'est.