art et nature avez vous dit ?

PLUMe land art c'est quoi? Et bien ce n'est pas vraiment du land art, c'est plus du land brouillon. Des essais, des échecs , des essais... encore. L'important étant la pratique plus que l'œuvre finale. Le chemin plus que le but... et je vous invite à parcourir ce chemin avec moi...

11 avril 2010

la ronce et le granit :


     Après un article de David qui a "révélé" une très belle souche d'arbre la semaine dernière, je me suis rappelé avoir tenté de révéler quelque chose moi aussi, avec un autre ami cette fois-ci : Serge mon nouveau complice land art Auvergnat. Nous étions près de Cournols au Sud de Clermont, sur un plateau granitique dont les paysages font pensé à la Bretagne et où, comme là-bas,  des dolmens et des menhirs  se dressent fièrement. De nombreux blocs de pierres parsèment le plateau et c'est autours de l'un d'eux que nous avions décidé de nous amuser ce matin là. Après l'avoir longuement exploré, au centre, l'un des rochers les plus imposant présentait cette faille qu'il nous a semblé évident d'exploité. Les ronces constituaient l'autre élément fort du site que nous allions utiliser pour d'autres créations... Ce n'est que vers 11 heures ce matin là que nous avons cessé nos activités, surpris par le passages de chasseurs qui ont dû trouver ce que nous faisions aussi incongru que ce qu'ils faisaient eux-même. Imaginez des hommes marchant silencieusement dans la lande, sans mot dire, accompagnés de chiens avec au cou de petites cloches produisant exactement le même son que les loches de vaches. A peine un bonjour et une question : Qu'est ce que vous faites? Voyons voire... allions nous tenter d'expliquer en deux secondes ce que nous étions en train de faire à deux chasseurs qui n'arrêtèrent même pas leur marche pour écouter notre réponse? Je me souviens juste de Serge leur lançant sur un ton amicale une petite maxime poétique dont lui seul  le secret.
Et les grelots de tinter au loin...

faille et ronces

faille et ronces

faille et ronces

32 Comments:

flo said...

elle est drôle ton histoire de rencontre avec les chasseurs...je me garde de porter un jugement car parmi eux il y en a pour qui j'ai un profond respect.
quant à votre installation,ma première émotion est esthétique,je trouve très jolie la forme arrondie que vous avez donnez à ces ronces.
Ensuite,elle me ramène à des actes plus douloureux plus barbares pratiqués dans certaines traditions sur le sexe des femmes...
la ronce barre l'accès...peut-on dire qu'elle protège ou qu'elle emprisonne...
Il y a quelque chose de cette ordre dans mon ressenti...
Peut-être que couplé à ton histoire de chasseurs,votre installation m'a ramenée à l'histoire des rapports homme/femme et homme/nature en perpétuel évolution.

emmanuel said...

et bien, ça provoque pas mal de choses dans ta tête auxquelles je n'avais pas songé. La ronce nous a semblé évidente à utiliser car faisant partie intégrante du site et il est vrai que son aspect défensif semble protéger l'entrée de cette grotte-faille. Le but esthétique n'était à la base que de faire ressortir la linéarité de la faille par la forme ronde. Mais ce que tu y appose en sens est très intéressant.
Et pour en finir avec les chasseurs, je me garderais également de juger vu que je suis d'une famille de chasseurs et que je suis le seul à ne pas avoir passé mon permis...

flo said...

...parfois, je me dis que je suis définitivement barrée... :-))

emmanuel said...

Mais c'est ce qui fait tout ton intérêt :-))
je plaisante.
Non t'es pas barrée, l'explication que tu nous donnes, ce déroulement de ta pensée, et bien il est logique. Et c'est ta logique. Et je dois dire que si j'avais du réaliser un travail sur ces tortures que l'on inflige parfois aux femmes, je n'aurais pas mieux fait. J'aurais même fais moins bien, comme quoi.
Après coup on peu réinterpréter cette création et l'insérer dans un travail plus vaste sur lequel je suis en train de cogiter. En fait ton commentaire est carrément évocateur pour moi. Je m'explique : je suis en train de réfléchir à une série de travaux un peu emblématiques traitant de sujets difficiles. L'un d'entre eux est la SHOAH. Et il est extrêmement difficile de traiter de ces sujets déjà à la base mais quand on essai de leur donner corps, ne pas tomber dans le figuratif et la caricature deviens vraiment complexe. Peut-être que me replonger dans d'anciens travaux et voir lesquels parlent de ces sujets serait une bonne expérience. En gros, regarder en arrière et voir ce qui dans mon inconscient m'a fait réaliser des travaux traitant de ces thèmes. Puis soit renommer ces travaux, soit les refaire mais avec une nouvelle arrière pensée. Voilà peut-être un moyen de créer sur un sujet précis mais sans se brider. La conception à rebours... Un concept intéressant et qui peut sembler critiquable.
J'adore! Et c'est toi qui me mène à cette réflexion!

David Bertizzolo said...

Je me demande ce que vous auriez écrit si les tiges n'avaient pas eu d'épines?

Les épines vous font voir la torture alors qu'il y a peut-être un autre dialogue induit par la plante elle-même qui essayent de se protéger dans un environnement difficile.

David

flo said...

là ,david, tu sors des évidences!

emmanuel said...

s'il n'y avait pas eu d'épine? et bien nous nous serions dit autre chose. Quelle question...
L'intérêt de l'interprétation de Flo était justement le fait qu'elle différait de la mienne qui elle même diffère de celle que tu esquisses.
Des points de vue différents qui s'enrichissent les uns les autres. C'est là tout l'intérêt.
De même que l'on peu faire dire tout et son contraire à une image du moment qu'on argumente. Par exemple, le fait de justifier le choix d'un titre en anglais juste pour le nombre de lettres de deux mots qui en fait... n'ont pas exactement le même nombre de lettres. Tu vois où je veux en venir?
Donc que les épines nous fasse voir de la torture ou de la protection, peu importe. Par exemple, quand Ricardo Bofill fait le quartier Antigone à Montpellier certains y voient des résurgences de la grandeur de l'architecture classique. Cela inspire respect et grandeur au site. D'autres y voient des résurgences d'archi soviétique : sentiment de malaise... Et c'est la richesse des points de vue que j'aime. La forme ne fait signification qu'au travers de nos références, nos cultures, notre vécu. Et il est différent pour chacun.
Mais tout cela tu le sais bien et donc ta première phrase interrogative doit certainement signifier un certain agacement face au fait que je me soit enflammer de façon un peu simpliste dans mon commentaire précédent. Mais je persiste : réinterpréter des créations après coup est la preuve que l'on peu faire dire ce que l'on veut à n'importe quoi. c'est un peu une critique par l'absurde, mais c'est une réflexion en sois et cela peut-être l'objet d'un travail de a part dont le but sera peut-être de dénoncer cette hypocrisie qui règne parfois et qui m'agace comme elle peu également t'agacer : à savoir justifier un travail, défendre un point de vue envers et contre tout alors que parfois, cela n'a aucune importance. Il n'y a pas de vérité. Il n'y a que des points de vue.

Géco said...

On aurai pu nommer la photo de bas
"excision"...

Même si le sujet ne prête pas à l'exaltation, je trouve votre travail superbe. Simple, sobre, et très parlant....

Finalement chacun voit se qu'il veut dans une photo...et cette liberté me plait réellement...

emmanuel said...

je n'ai pas osé lâcher le mot Greg mais c'est ce que Flo devait avoir en tête.
Oui moi aussi j'adore le fait que chacun y voit sa propre histoire. Faire des travaux sans réelle signification pour offrir à chacun sa propre signification...

Franck said...

"Faire des travaux sans réelle signification pour offrir à chacun sa propre signification..."
Comme balancer cette phrase creuse pour nous faire réagir...
Pour moi, c'est la définition même de la fumisterie en matière d'art: faire n'importe quoi, en se disant qu'avec suffisamment de vent autour, il y aura toujours quelqu'un pour y projeter sa propre histoire et trouver ça génial!
Mais je pense commencer à te cerner un peu, et à l'évidence tu grossis volontairement le trait car toi aussi, visiblement tu as injecté quelque chose dans ce travail, et cela fait toute la différence avec ce que tu prétends dans ta dernière phrase.
Par contre lorsque tu écris:
"Oui moi aussi j'adore le fait que chacun y voit sa propre histoire."
je te suis complètement, et là, qui plus est, nous avons la démonstration que les commentaires, même à cent lieues de tes intentions initiales, vont enrichir ton travail.

Géco said...

Ce que je trouve génial justement, c'est que chaque personne, si modeste soit elle, puisse se faire sa propre interprétation d'une oeuvre...avec son regard, sa sensibilité, son histoire, ses émotions. L'important est que cette personne ait un regard sur l'oeuvre...n'est ce pas ?

C'est ce qu'il me plait dans la démarche Land-art...tu ne mets pas forcément au pied de ta création l'explication de ton oeuvre....le passant ( même un chasseur ) a la liberté de l'interpréter à sa guise...et s'il y trouve un peu de plaisir...alors c'est le top

Ce n'est par pour autant qu'il faille tomber dans la facilité, car personne n'est dupe...l'essentiel pour un artiste réside dans sa sincérité de coeur

...et tu es sincère....

emmanuel said...

Franck :
fumisterie oui et non.
Non car comme vient de le démontrer Geco, cette démarche n'a pas à être jugée. On aime ou non, on y voit quelque chose ou non. Mais dire que c'est de la fumisterie car l'auteur a fait n'importe quoi en pensant que de toute façon cela allait bien parler à quelqu'un... Quand bien même, où est le mal. Je ne vend rien, je ne suis pas en train de passer un diplôme, j'ai donc tout à fait le droit de "faire n'importe quoi". Et s'il y a suffisamment de vent autour et que des personnes y projettent leur histoire et bien je trouve ça pas mal non? Parfois je veux exprimer quelque chose, parfois non. Et ce n'est pas David qui me contredira sur ce point. Si j'étais invité à exposer dans les plus grandes galerie et que je me prêtais à ce petit jeux du j'men foutisme, peut-être cela serait-il critiquable, encore que... Pour moi l'art peut également avoir une portée critique. Arriver à faire une grande expo avec du vent et en plus que les critiques la trouve géniale serait un beau pied de nez au monde du marché de l'art. On a tous fait ça à un moment ou un autre. Chopper des idées à droite et à gauche et tenter de les assembler pour en faire un produit fini qui plaira. Je n'ai aucun scrupule là dessus. C'est comme avec les programmes merdiques qu'on nous sert à la télé. Si personne ne les regardait, on ne nous les servirait plus. J'aime beaucoup ce sketch des inconnus avec l'artiste qui fait des toiles avec de la fiente de pigeon ou qui fait un tas de glaise et pose un prix exorbitant dessus. Arriver à faire cela en vrai et en vivre serait vraiment une belle performance artistique je trouve. Et si cette "critique en marche" faisait se réveiller un peu certaines personnes alors là oui, l'art aurait une belle preuve de son intérêt.
Bref on s'éloigne du sujet. Essayons de resuivre le file de la discussion :
-je présente un travail sans l'expliquer mais en posant juste le contexte et le fait que nous avons voulu travailler sur cette faille.
- là dessus Flo y appose son interprétation.
- Ensuite je donne la mienne et je vais plus loin en montrant que le travail peut avoir de multiples interprétations. Est ce un mal, un bien? Peut-être que non mais peut-être que oui. Comme le fait de faire dire tout et son contraire à une photo ou à une phrase sortie de son contexte...
- David arrive et semble ne pas apprécier cette possibilité de multi interpréter un travail. J'aurais pu réagir de la même façon et donc je comprend. Sauf que c'est un fait et c'est prouvé : ça marche. On peut bien interpréter un travail de multiples façons. Que ça plaise ou non. Personne ne va faire venir la police dans nos esprits pour empêcher cela. Ensuite que cela soit critiquable, peut-être...
- Face à ce constat pas très logique mais réel je balance ma phrase creuse.

creuse mais plausible. Tu appels cela de la fumisterie. c'est un jugement. Mais celui qui est en face et à qui ce travail parle ne pensera pas de même. C'est ça le problème du jugement. certains trouveront que Picasso c'est de la fumisterie, d'autres non. Certains trouverons que de faire des ploufs dans l'eau c'est de la fumisterie , d'autres non. Quelle différences y a-t-il si le discours derrière est super puissant? Rien si on ne connaît pas ce discours. On en revient donc au point essentiel de l'art dans la nature : nous ne sommes pas dans des galerie et comme le dit Geco, il y a peu de chances qu'un randonneur trouve une pancarte avec l'explication du travail. C'est une des grandes spécificité de l'art dans la nature et peut-être faudrait-il se pencher plus sur ce point qui est loin d'être un détail. mais je n'ai pas de réponses plus poussée pour le moment. Peut-être nos réalisations doivent elles comporter une part d'évidence qui montre d'emblée le discours qu'elles sous tendent.

flo said...

"arriver à faire cela en vrai et en vivre serait vraiment une belle performance artistique je trouve."
...une belle performance marketing plutôt! la pratique a été usée jusqu'à la corde en art contemporain et il est temps de faire sortir celui-ci de cette fumisterie dont il a été autant l'artisan que la victime!

Franck said...

Manu, la logorrhée que tu viens de nous servir est "politiquement correcte" mais simpliste et extrêmement perverse car elle met tout dans le même sac! Je ne sais pas si tu t'en rends bien compte.
En refusant de faire une distinction entre ce qui est "sincère" (je n'ai rien trouvé de mieux, même si ce mot est imparfait), ce qui a un contenu, quel qu'il soit y compris cynique, dénonciateur, provocateur... façon David Lachapelle ou Jeff Koons... et ce qui est creux, tu fais exactement la même chose que ceux qui claironnent que l'art contemporain n'est qu'une vaste fumisterie.
S'il te plaît, évite de ne retenir de mes propos que ce qui sert ton propre discours, car ça les rend caricaturaux et tu me fais passer pour un censeur.
Chacun fait évidemment ce qu'il veut mais ce n'est pas pour autant que tout se vaut.
Médite ce qu'a écrit Geco:
"Ce n'est par pour autant qu'il faille tomber dans la facilité, car personne n'est dupe...l'essentiel pour un artiste réside dans sa sincérité de coeur"
Tout est là, et c'est exactement ce que je voulais dire. Et le "niveau" n'as rien à voir la dedans. Et comme lui, évidemment je te sais sincère.
Ne fais-tu aucune distinction entre Thomas Fersen, Abd al Malik, Grand Corps Malade... et un pur produit commercial de la Star'Ac?
L'art est un moyen de communication mais aussi un support de rêve, c'est pour cela qu'il n'a pas à être évalué d'une façon purement fonctionnaliste: Est-ce que le message est bien passé? Est-ce que le spectateur a perçu ce que l'artiste à voulu dire?
Pour l'artiste lui-même, l'oeuvre est un moyen de faire dialoguer son intuition et son intellect, c'est pour cela que l'analyse après coups, loin d'être une fumisterie est le signe que l'oeuvre a acquis sa propre autonomie, qu'elle est vivante... c'est ce qui la distingue d'un spot publicitaire ou d'un message de propagande.
Mais il est évident que nous sommes tous d'accord là-dessus, et j'avoue que la façon dont tu lances ce débat en cherchant à être provoquant alors que tu enfonces des portes ouvertes me met mal à l'aise... un peu comme le débat sur l'identité nationale...
Je m'efforce, en partant modestement de ce que nous faisons au quotidien de me réapproprier, en mettant à ma sauce des réflexions plus vastes et à trouver, sans complexe, un lien avec ce que d'autres, plus illustres, ont pu explorer.
Je m'efforce de "m'approprier" ce à quoi je me réfère en bougeant mes fesses et mon cerveau, quitte à prendre le risque de faire des contre-sens. Je ne cherche pas à "faire genre..." en compilant des trucs grappillés à droite à gauche... je cherche à démystifier... et tout ça en famille, avec mes enfants qui n'ont rien de petits génies... rien d'élitiste dans tout ça donc.
C'est pour cela que je suis très sensible aux "conférences gesticulées" de Franck Lepage (merci encore David) car je me sens bien dans la veine de "l'éducation populaire" dont je suis un bénéficiaire et non de la "culture" dont je serais dépositaire.
C'est pour cela que je suis très sensible au rapport qu'entretien Abd al Malik à la littérature.
Qu'est-ce qui nous empêche de fréquenter les bibliothèques, d'entrer dans les galeries, d'aller dans les musées et d'aller voir des expos... si ce n'est nous-mêmes et une espèce de complexe qui ne devrait pas avoir lieu d'être?
Libre à nous de ne pas le faire, et pas besoin non plus de chercher à s'en justifier, comme Renard dans "Le renard et les raisins" de La Fontaine.
En surfant sur les idées reçues, tu savonnes la planche sur laquelle j'essaie d'avancer pas à pas et sur laquelle j'aime bien te retrouver.
Bref, j'aime pas quand tu fais ton Jean Pierre Pernaut, d'autant que je sais que, quoi que tu puisses te raconter dans ces moments là, ce n'est pas toi.

emmanuel said...

je me rend parfaitement compte de ce qu'induit mes propos au contraire de ce que vous pensez. Et c'est une forme de critique qui me pousse à affirmer cela. C'est très très démago mais le but est de faire réagir. Quand tu parle de Fersen et de la star ac ce qui me fait bondir c'est que la star ac vend plus et donc intéresse plus... Et ça c'est un fait. Et dire que c'est de la merde sans s'interroger une seconde ... Je déteste la star ac, je déteste les block buster, mais les dénigrer et dénigrer tout ceux qui adorent c'est passer à côté de quelque chose je pense. Je suis un adepte des certaines idée situationnistes : renverser le spectacle par le spectacle. lutter contre la star ac en faisant de la soupe mais intelligente et pas du fersen que je n'écoute pas tellement ça me barbe. C'est le point je pense sur lequel nos idées divergent. éducation populaire ok, en parlant de façon imagée, amusante et simple pour faire passer des propos un peu poussés. C'est mon truc. Et donc il faut bien en passer par le marketing, par la société du spectacle, par les artifices creux mais à qui on essai de donner du corps pour au final, les éradiquer. Bon j'ai peut-être mal compris les propos de Debord mas en tout cas j'en ai tiré une pensée personnelle et j'y crois.
J'ai été à l'école d'archi de Clermont qui est connue pour être très portée sur la philo. L'année du diplôme mon thème de travail a été l'Utopie et le discours sous entendu était que l'on pouvait se passer des archi car en d'autres temps les gens s'en étaient très bien passé. Et arriver à avoir le diplôme en faisant valider cela par d'autres archi... là je me dis que j'ai touché du doigt quelque chose. C'est ce genre de critique que j'aime explorer.
Faire un blog politiquement correct, esthétiquement sympa avec des façons de faire proche du marketing (billets toutes les semaines, effets d'annonces, etc...) et tout cela pour attirer les gens mais au final leur proposer un discours qui n'a rien à voir avec cela. C'est tout le paradoxe de ma démarche et je suis conscient que je suis sur le file et très facilement critiquable à la fois par ceux qui aiment la soupe que par ceux qui la déteste. Et c'est pour cela qu'avec Toi, Flo et david on s'entend bien : on est tous plus ou moins sur le file à se demander sur quel pied danser.
J'aime beaucoup la fin de Fight Club si ça peu vous donner une idée de mes idées. Mais pour rien au monde je ne voudrais y arriver... Paradoxale non?
Bon aller j'ai trop cogiter là et je vais me faire laminer dans vos prochains com donc ok j'en reviens a des idées plus consensuelles la prochaine fois. En fait Franck je ne pige pas pourquoi tu me critique encore pour mon côté bon père de famille alors même que tu dis que mes propos de cette semaine son à l'opposé de cela. Mais je pense avoir trouvé la façon d'exprimer correctement l'ambiguïté et le paradoxe de mes idées. Les naturoglyphes vont nous y aider je pense.
Allez, comme d'hab je ne relis pas sinon je suis certain de ne jamais poster ce billet.

Sylvain said...

ça devait être une chouette matinée, tranquille, dehors avec un ami. Beau temps, belle région. Un peu de landart pour compléter ce déjà beau tableau. Une ou deux photos souvenir de cet agréable moment et c'est probablement content de cette matinée que tu as repris la route de la maison.

De retour, ton plaisir se poursuit en publiant tes photos ici.
Et pourquoi? Pour écrire des tartines de justifications ..

Ouais, ça devait être une chouette matinée, tranquille, sans prise de tête.

emmanuel said...

t'as bien raison l'ami!
On en reviens toujours au même point. En même temps cette fois-ci je ne justifie rien. Le travail de base de cette matinée tranquille n'est pas le réel sujet. Il est juste le point de départ d'une discussion et ça n'enlève rien au plaisir de pratiquer.

Franck said...

Je ne dis pas que la Star'Ac c'est de la merde, c'est à l'égal des immeubles haussmanniens façon Kaufman & Broad du "rien"... des cellules cancéreuses.
Les cellules cancéreuses ne sont pas nocives en elles-mêmes, elles sont neutres... mais lorsqu'elles ont remplacé des cellules vitales, tu meurs.
Le "rien" est neutre, inattaquable, consensuel.
Tu peux combattre "la merde", pas le "rien".
La seule chose que tu puisses faire contre sa généralisation létale c'est occuper chaque interstice à ta portée pour faire du "quelque chose", en commençant par toi-même.
J'ai aussi, à priori, quelques affinités pour les situationnistes quoi que leur pensée ne me soit pas suffisamment familière pour que j'ose m'en réclamer, et je te suis donc quand tu dis qu'il convient de "noyauter" la "société du spectacle".
J'apprécie beaucoup ton blog pour ça, car je suis parfaitement conscient que sous ses airs consensuels il diffuse un contenu non neutre.
Crois moi, je sais de quoi je cause, car sans entrer dans les détails, saches que mon diplôme, qui était au moins aussi atypique et subversif que le tien, avait vis à vis de l'architecture exactement les mêmes objectifs que ton blog vis à vis du landart.
J'ai tenu le même discours que toi, mais quand je vois ce que ça donne à l'arrivée... l'architecture vue par Leroy Merlin ou les décorateurs d'M6 d'un côté, la starification de Nouvel de l'autre et le vide intersidéral entre les deux... je préfère me tenir à l'écart et tailler ma route modestement en essayant au jour le jour de produire du contenu.
C'est pour cela que je sursaute quand tu prétends qu'il faut faire du "rien" intelligent pour combattre le "rien" commercial. Pour faire réagir...
Tu ne fais réagir que nous (et encore, tu as du venir me chercher par mail). Donc je pense qu'en affirmant et en revendiquant cela tu te fourvoies ou tu te fous de notre gueule.
En tous cas, ça ne peut avoir aucun effet bénéfique sur les "masses" que tu cherches à "évangéliser", et c'est en définitive tout aussi méprisant que l'action des missionnaires de tous poils, quelles que soient leurs bonnes intentions.
A la différence de toi, je ne déteste ni la Star'Ac ni les blockbuster en eux-mêmes, et j'apprécie même d'aller en voir à l'occasion; c'est leur hégémonie qui me dérange, et la remplacer par une hégémonie "intelligente" me fait tout autant flipper.

Produire du contenu "l'air de rien" est tout autre chose... c'est ce que tu fais dans ton blog (et que je fais sans arrêt dans mon métier)... ça me semble déjà pas mal. Est-ce que ça ne te suffit pas?

emmanuel said...

Si ça me suffit. Ce qu'il y a c'est que je n'arrive pas forcément à exprimer le fond de ma pensée aussi clairement que tu viens de le faire. Et donc forcément je passe par des méandres qui me font dire des tas de trucs incompréhensibles et leur contraire. Des fois mieux vaut se taire. mais au final on est bien sur la même longueur d'onde.
Et j'imagine Sylvain, désespéré à nous voire nous prendre autant le choux alors que le land art peut être pris sous un autre angle bien moins cogité. Et le pire c'est que c'est cet angle de vue que je défend. Mais bon sang qu'il faut cogiter pour arriver à cette simplicité.
certainement que je cogite trop.

flo said...

"La simplicité est la sophistication suprême." Léonard de Vinci


" La simplicité n'est pas un but dans l'art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s'approchant du sens réel des choses." Constantin Brancusi


Donc normal que tu cogites...

emmanuel said...

par contre je voudrais juste que les lecteurs ne soient pas au final désappointés comme semble l'être Sylvain. Je le comprend bien et ces joutes qui semblent un peu inutiles ne doivent pas faire oublier la simplicité de cette matinée : Avec Serge nous nous sommes juste fait plaisir. Et nous voulions juste mettre en valeur cette faille et toute la symbolique qui va autour, toutes les interprétations que chacun veut y voire sont autant de raisons qui font que je compte bien passer encore pas mal de matinées comme celle-ci.

Sylvain said...

Bon .. pis alors ? C'est quand qu'on se fait une matinée landart ensemble ? :o)

emmanuel said...

Tu viens quand dans le coin? Je plaisante mais c'est vrai que la dernière fois je me suis déplacé un week end à Annecy pour me faire une soirée à refaire le monde land art avec mes amis Laurent et Bruno et le lendemain, une pleine matinée land art et ça avait été le pied!

Franck said...

Je pense que ce genre de discussion a bien mieux sa place sur le "petit forum" pour ne pas rebuter ceux qu'elles saoulent et que je comprends.
Franchement, je ne serais pas intervenu sur ce coup là si tu ne m'avais pas sollicité, Manu, car je trouvais ton lancement du débat un peu fumeux... de la "branlette" en d'autres termes.
Cela me déstabilise, car je me sens mal placé. Je ne suis en général pas le dernier à participer, voir à lancer ce genre de discussion... et je me demande du coup sincèrement si nos autres débats n'ont pas à êtres mis également dans le même sac.

emmanuel said...

je suis bien d'accord, j'ai mal joué sur ce coup là.
Ba allez on va partir sur le notes plutôt sympathiques de Flo et Sylvain. Tient et Sylvain il le montre quand son site? :o)

Sylvain said...

Deux questions, une réponse.
Bientôt ;o)

Plus sérieusement, si tu habites à moins de 1000km de chez moi et que d’accord de m’héberger une nuit ou deux. Je me déplace volontiers un week-end. Ça pourrait être drôle :o)

Pour le site .. herm .. on va dire que maintenant .. je sais ce que je veux :o)

Sinon .. benn désolé d’avoir bousculer votre débat.. Il ne me dérange pas plus que ça .. c’est juste que j’ai rapidement eux de la peine à vous suivre .. Disons que je me suis mis à la place de Manu ..et me suis demandé se qui se passera dans sa tête la prochaine fois qu’il partira en quête de création. Comment peut-on rester sois même avec cette avalanche de mots ? Il sera sans cesse à se demander ce que veux dire sa création. Si les gens verront la même chose que lui .. si il peux ou non se permettre de faire quelque chose de simplement abstrait .. sans que ça ne soit du n’importe quoi.. ou si il devra trouver une raison à son travail. A mon sens, toute ces questions ne sont qu'un frein à la créativité.. J'ai eux l'occasion de faire du landart avec des enfants .. leur spontanéité a engendré beaucoup d'originalité dans leurs créations. Aucun n'avaient les mains dans les poches à reflechir se qu'ils allaient faire et comment le mettre en oeuvre.. ils faisaient, c'est tout :o) Et le résullat était à coup sur une réussite !

said...

(pi, ça fait toujours ça de ronce en moins...) ♣

flo said...

T'inquiète Sylvain, Manu ne subit pas,il est demandeur...les mots ne feront pas interférence sur le terrain...les mots c'est avant ou après et pendant, il s'éclate...j'en suis sûre! :-)

emmanuel said...

les mots c'est un peu le debriefing: Ok alors comment il était ce vol? Le panard! Bon mais quand même t'as fais quelques petites erreurs d'appréciation. A oui, ben parlons en histoire que la prochaine fois ce soit encore mieux!

Franck said...

Objectivement, je pense qu'il suffit de remonter un peu dans les blogs de Flo, David et Manu, pour se convaincre qu'ils font très bien la part des choses et que nos discussions sont loin d'être castratrices (aucun de nous n'a les mains dans les poches sur le terrain, sauf peut-être pour les réchauffer de temps en temps)...
Je pense que nous aurions arrêté depuis un moment sinon.
Les choses ne prennent pas du tout la même tournure chez Geco par exemple, bien que nous suivions assidûment ses publications.
Mais peut-être ces discussions "envahissantes" devraient-elles êtres un peu plus souvent contrebalancées par des points de vue comme le tien, Sylvain.
Le vrai risque à mon sens est là... que nos prises de choux dissuadent d'autres visiteurs d'intervenir...
A bon entendeur...

emmanuel said...

c'est vrai, c'est la seule limite qui pourrait être ennuyeuse. Mais je l'accepte car elle me passionnent réellement ces discutions. Donc c'est un mal pour un bien. Et c'est aussi ce qui fait peut-être la particularité du blog.

flo said...

quand les échanges se transforment en débat,qui n'ont pas de réels liens avec la publication à part les mots...tu peux les aiguiller sur ton forum,plus particulièrement dédier à ce genre de prise de tête ,manu,comme on l'a déjà fait! Et qui t'aime te suit...
ça permet à ceux qui ont juste envie de s'exprimer sur ton oeuvre de le faire sans se sentir déplacés...