art et nature avez vous dit ?

PLUMe land art c'est quoi? Et bien ce n'est pas vraiment du land art, c'est plus du land brouillon. Des essais, des échecs , des essais... encore. L'important étant la pratique plus que l'œuvre finale. Le chemin plus que le but... et je vous invite à parcourir ce chemin avec moi...

11 mars 2010

Soutien à Richard Shilling :

           Message de soutien à mon ami artiste de la nature Richard Shilling. Il vient en effet d’annoncer sur son espace FLICKR qu’il arrêterait désormais de publier des œuvres sur le net au vue de toutes les critiques dont il a été victime. Ce sont les mêmes critiques idiotes dont je fais parfois l’objet et je le comprend donc à 200%. Mais nous priver de ses créations est pour moi une grande déception. Je ne posterais pas ici d’image de ces créations en respectant son choix de « non prolifération » de celles-ci, mais je voulais juste pousser un coup de gueule contre les personnes stupides qui, en lui disant qu’il devrait avoir honte de diffuser ces créations « copiées » sur Goldsworthy et d’essayer d’en vivre, l’on fait baisser les bras…. Avis donc aux commentaires gratuits... Réfléchissez avant de poster!

        Alors d’accord, dans ce cas Goldsworthy devrait également arrêter, car bien avant lui, les hommes ont érigés des cairns, Nils Udo devrait se poser des questions en voyant la ressemblance de certains de ses travaux avec ceux de Golsworthy (qui les a fait en premier?), etc… Bien entendu je dis cela de façon ironique car je le redis ici :
L’art dans la nature est une façon de créer et non une marque déposée. C’est en quelque sorte le 8ème Art. Et tout comme la peinture n’appartient pas à Picasso, l’art dans la nature, n’appartient pas aux maîtres comme Goldsworthy ou Udo. Nous les admirons et les respectons énormément car ils nous ont fait découvrir cette forme de relation entre nature et art, car ils nous inspirent, mais… Dois-je arrêter l’architecture car certaines de mes idées s’inspirent de Jean Nouvel ?
Je vous laisse lire ce qu’a écrit Richard et j’espère que vous serez nombreux à venir en débattre ici.

39 Comments:

flo said...

et j'espère que vous serez nombreux à pouvoir vous exprimer couramment en anglais! :-))

emmanuel said...

en débattre ici je voulais dire : en Français.

emmanuel said...

C'est pour cela que j'ai résumé la situation : pour vous éviter de vous taper tous son texte en anglais : si c'est pas sympa ça. :-)) :-))

deux points tiret du 6 parenthèse parenthèse : heu c'est un smiley ?

on va dire que oui.

flo said...

mais oui!! bravo Manu et pour les smileys et pour la traduction!
Bon,je vais faire ma rédac' et je reviens faire mon exposé!! :-D

emmanuel said...

Bravo à Richard plutôt et j'ai hâte de débattre de cette histoire avec toi et les autres car réellement le sujet de ce que peu provoquer les commentaires des gens sur internet et l'influence que cela a sur les auteurs est des plus intéressant. D'autant que c'est un sujet qui revient parfois dans nos discutions.

MissVivi said...

Tu aurais pu prendre quelque d'autres que Jean Nouvel quand même ! Blague mise à part, néophyte que je suis, je ne connais pas du tout les travaux de l'homme "digne en or", j'ai découvert le landart grâce à tes photos et pour moi, il n'y a pas d'autres références !
Continuez à faire ce que vous aimez, et ne vous souciez pas des remarques blessantes !

Franck said...

Internet permet des rapprochements et des collisions insensés entre le public et le privé, l'intime et l'universel... tout le monde peut instantanément dire tout sur n'importe qui, n'importe quoi et n'importe comment...
Pour ma part je ne le déplore pas... c'est le revers de la médaille.
On mesure bien là à quoi on s'expose en publiant des choses très personnelles sur un support aussi universel.
Il faut se blinder, être capable de faire la part des choses... mais c'est très dur... nous qui avons un certain recul savons très bien ce qu'il convient de penser des jugements à la hache portés sur le travail de Richard (peut-être même que certains ont été mûrement réfléchis et reflètent sincèrement le ressenti de leurs auteurs d'ailleurs, cela ne change rien à l'histoire)... mais je conçois que Richard qui y met tout son coeur se sente personnellement blessé.
Je l'invite à prendre de la distance et à considérer que les critiques ne valent que par la considération que l'on peut porter à leurs auteurs... très peu en l'occurrence, surtout si les auteurs restent anonymes...
Je considère pour ma part Richard comme un brillant interprète des oeuvres de Goldsworthy. Et la façon dont il explique lui même sa démarche, que je partage à mon niveau, reflète cela sans ambiguïté.
Viendrait-il à quiconque l'idée de reprocher à Georges Cziffra d'interpréter Chopin ?
Et puis nourri de ce travail en profondeur, Richard compose également une oeuvre plus personnelle.
Je suis certain qu'il continuera à pratiquer.
Je comprendrais fort bien qu'il arrête de s'exposer... mais comme tous ceux qui, de par le monde, en parfaite connaissance de cause, apprécient son travail, son engagement, et sa sincérité indiscutable, je ne saurais trop l'encourager à poursuivre... pour notre plaisir.

Géco said...

Voilà toute l'ambiguïté de l'artiste ...à priori, d'une grande sensibilité confronté à la critique....comme dit Franck, il faudrait pouvoir être blindé....mais ce n'est pas si facile.

Ce qui m'attriste le plus, c'est quand encore une fois la créativité est meurtrie par des individus qui s'imaginent que leur avis est essentiel...
Mais qui détient donc la vérité ? Surtout dans le domaine de l'art....

Je suis en colère et ne peux imaginer que Richard arrête, tout ceci à cause de courageux anonymes....(Mais là est le risque encouru sur le net, on y croise de tout.) De courageux anonymes qui assassinent les poètes !!!!!

La question n'est pas de savoir qui reproduit qui : nous nous inspirons souvent des autres, de la nature mais travaillons en fonction de notre sensibilité...puis nous proposons...humblement. Le seul respect que je demande à ceux qui n'aiment pas...c'est de passer leur chemin....sans rien salir.

Je ne crois pas que la célébrité soit une finalité en soit...surtout dans le domaine du Land-art ou bien je n'ai rien compris...

On accepte les critiques constructives....oui constructives....les débats...les échanges...le partage....

Par contre je n'accepte pas que l'on détruise la générosité....

Je sais que Richard va continuer, je le sens...il ne peut en être autrement....

Je ne sais pas si cela le réconfortera mais Goldsworthy est aussi critiqué !


Je terminerai par....

" La poésie est une insurrection....Oui je proclame ma fois dans toutes les récoltes de l'avenir. Et je déclare la poésie...indestructible. Elle se brisera en mille morceaux, redeviendra cristal.
Elle est née pour l'homme et continuera de chanter pour l'homme. Elle chantera. Nous chanterons." Pablo Neruda

emmanuel said...

comme on aime souvent le dire en architecture : on ne copie pas, on s'inspire... Et heureusement qu'on s'inspire. Comme le faisait remarquer Franck sur le blog de Florence : on s'inspire forcément. De part nos références culturelles, nos référence artistiques, notre éducation... Nos actes ne sont que le fruit de ces convergences mêlées à un peu de notre personnalité propre.
La question n'est donc pas là. Le soucis a peut-être été provoqué par le fait que Richard vende de livres de ses travaux. Mais là encore je trouve que malgré la ressemblance de certains de ses travaux avec ceux d'autres artistes, il en a développé toute une série (la grande majorité) dont l'identité artistique se détache des autres.
Enfin, je pense qu'en fait, l'art dans la nature est si peu représenté que le rapprochement est rapidement fait avec le peu d'artistes connu qui l'exercent. Mais peut-être dans un siècle, quand cet art sera devenu commun comme l'est le cinéma aujourd'hui, parlera-t-on de Richard comme l'on parle aujourd'hui de Méliès. Un génial bidouilleur de nature.

flo said...

An nom du père, du Fils et du Saint esprit!!....^^
Donc,je suis d'abord allée voir le travail de Richard...magnifique!
et... j'ai envie d'essayer plein de trucs évidemment!...copieuse!! :-)
Quant au sujet,je ne connais pas la violence des critiques qui lui ont été formulées mais au vu de sa passion,son talent et sa détermination, je ne m'inquiète pas trop pour lui!!
Ensuite,que dire...je ne vais pas rentrer en guerre pour Richard!
A lui de gérer et de comprendre d'où viennent les conflits qu'il affronte, de quelle manière il les a engendré et ce qu'il va en faire !
Il n'y a jamais une victime et des bourreaux...
vu que je ne lis pas assez aisément l'anglais pour comprendre toutes les subtilités de langage et que je connais pas non plus suffisamment l'œuvre d'andy goldsworthy, je ne peux guère en dire plus sur le sujet "Richard"!

de quoi parle -t-on alors?
de notre seuil de tolérance à la critique tous azimut!
Quand tu t'exposes,tu prends le risque! Tu ne peux pas faire le tri dans ce qui est bon dans l'instant à entendre et ce qui te balance par terre! Il n'y a pas de bouton doseur! et m^me quand tu t'en prends plein la figure...eh bien si tu n'es pas mort...(de peur)...tu gagneras en force et tu reprendras ton chemin avec encore plus de détermination!
ce sont autant d'épreuves pour jauger ton engagement!Sauf que tu le comprends,une fois la "douleur" passée.

l'autre débat est-il de savoir à quel point nous copions les maitres...là encore...le sujet a multiples choix de réponses...L'envie,la découverte passe par une rencontre qui déclenche chez toi un désir de faire...que tu vas ensuite intégrer où non à toute une démarche de vie...ce peut être de l'ordre de la simple expérimentation ou devenir une boussole, un outil par lequel tu appréhendes le monde,par lequel tu partages tes émotions...un outil de communication quoi!
et à partir de là,où est la copie...et finalement ,qu'est-ce qu'on s'en fout d'ailleurs!!
on ne fait que se répéter les uns ,les autres...les écrivains déclenchent-ils tous des révolutions littéraires?
Les grands chefs cuisiniers ont-ils tous inventer une cuisine nouvelle...Le rock est-il mort après Elvis ,les beatles ou les rollig stone...
chaque artiste apprend,interprète et modernise...
chaque artiste en prolonge un autre!
c'est le principe des courants,des mouvements artistiques...le mot employé "courant","mouvement" définit bien par lui même que rien n'est statique, qu'il y a transmission...
il y a une phase qui ouvre avec des précurseurs, une phase qui installe avec des artistes de leur temps,qui pérennisent et consolident un style et une phase qui mutent avec des artistes qui renversent l'ordre en poussant vers l'horizon,en entrevoyant de nouvelles directions!...et tout recommence tout continue..
Dans le land art,il y a eu des précurseurs,(les hommes de néandertal :-D ) et je pense que cette phase est entrain de s'installer et que les nouveaux artistes développent toutes les voies initiées par les précédents...
Et dans chaque phase,il y a des maitres et des bons élèves...

Bon voilà ,un peu confus tout ça mais il faudra vous en débrouiller parce que moi je m'en accommode! :-D

emmanuel said...

je pense que dans le prolongement de ça ce qui en ressort est que, quand on vent son travail, on éprouve la volonté de ne pas tromper la personne qui achète et donc qui croit en vous. Hors tant que la démarche n'est pas commerciale il n'y a pas réellement polémique mais dés qu'elle le devient, on peut se faire attaquer et en plus, on peu éprouver la désagréable sensation de ne pas être "vrai". De tromper son monde. Moi ça me le fait souvent. Une personne va trouver géniale ce que je fais car elle ne connaît pas les travaux de Goldsworthy. Dans ce cas là je me sens obliger de citer ces références tout comme j'ai mis tout un tas de liens land art sur mon blog. A la fois pour élargir le débat, mais également pour me remettre à ma place et aider cette personne à positionner ce que je fais au regard d'autres artistes. Je pense que Richard s'est un peu perdu sur cette frontière "commerciale". Il s'en défend et comme moi il a un vrai travail à côté. Le land art est pour lui un loisir même si on ne le dirait pas. Alors peut-être n'avait-il pas à aller aussi loin. mais je ne suis pas à sa place et je ne me permettrais pas de le critiquer. Tellement de gens lui laissent des témoignages qu'il serait idiot pour lui de s'en priver. Des gens qui en plus connaissent très bien Golsworthy et les autres.

flo said...

moi je ne comprends pas Manu le terme de tromperie!
Des peintres qui ont fait des natures mortes...Ce qui n'est bien souvent qu'un exercice de style pour la plupart est devenu chef d'oeuvre chez d'autres!! et personne n'a trompé personne!
En "copiant", tu peux faire mieux et plus subtil que celui ou ce que tu "copies"!c'est d'une certaine manière, une façon de t'approprier l'œuvre de l'autre et de la transformer à ta manière...emprunter un chemin balisé et aller plus loin,ou ouvrir une autre voie,la tienne!
"une personne qui croit en toi"..c'est quoi? qu'est-ce qu'elle est sensé croire? Que tu as ouvert une voie jamais exploré, que tu as fais la conquête d'un nouveau monde artistique?...je ne vois pas!et je ne crois pas en plus que le respect et la confiance soit là!
ça ,à mon avis,c'est peut-être ta croyance, ton ambition...mais pas celle de ceux qui apprécient ton travail!
Ton peur du mensonge ,c'est plutôt un doute que tu as sur tes capacités à être à la hauteur, et tu te réfugies derrière la stature d'un grand et l'admiration que tu lui portes t'empêche de voir tes propres qualités et force et de les réviser toujours à la baisse pour ne pas risquer d'avoir la tête tranchée par d'éventuels critiques qui porteraient sur ton travail le même que celui que tu y portes toi-m^me! je ne sais pas si je suis très claire!
La confiance en soi...c'est difficile à gagner!

Ensuite,le fait d'avoir un autre job à côté,je ne sais pas si ça enlève de la crédibilité! Peux-tu m'expliquer pourquoi tu penses comme ça?

flo said...

"la tête tranchée par d'éventuels critiques qui porteraient sur ton travail le même que celui que tu y portes toi-m^me! je ne sais pas si je suis très claire!"
effectivement pas très clair:
la tête tranchée par d'éventuels critiques qui porteraient sur ton travail le même regard que le tien!

c'est un peu mieux :-/

emmanuel said...

quand je parlais d'avoir l'impression de tromper les gens. Je ne parlais pas vue de l'extérieur, mais d'une impression qui peu, parfois, être ressenti par l'artiste. Ensuite, chacun ressent à sa façon. Ce n'est que mon point de vue. Je le ressens parfois quand on me dit qu'un de mes travaux est superbe et original alors que je me suis inspiré d'un autre. C'est ce que je ressens et je ne contrôle pas cela. C'est pour ça qu'il est si important de trouver sa propre voie je pense. Ensuite je suis entièrement d'accord avec ton point de vue qui est un point de vue extérieur et général. Pas de soucis là dessus.
ensuite sur le fait d'avoir un autre job : ce n'est pas un "autre" job mais "un" job. pour moi le land art est une passion, un loisir. Je ne me met donc pas financièrement en danger en le pratiquant. Je n'est pas la pression de devoir nourrir ma famille avec. Et je ne crois pas que j'aurais eu le courage à un moment donné de ma vie de choisir ce métier. J'admire ceux qui ont ce courage et pour qui l'art est une manière de vivre et non un hobbies. Je t'admire donc. Le fait que ce ne soit pas mon métier change pas mal de choses : les sites internet ne sont pas des vitrines. Ok je les ai réalisé pour montrer mon travail mais il n'y a pas de sous entendu commercial. Peut-être les visiteurs parlent-ils plus facilement avec moi ou David car ils sentent qu'ils sont un peu comme nous : des artistes non PRO. Il y a un peu d'identification peut-être. Ton blog a le même statu mais ton site est différent. Mais ce n'est pas une critique, loin de là. Mais il me semble évident que le fait que ce ne soit pas mon métier a une incidence réelle sur ce que pensent les autres de mes travaux. Peut-être que cela me sauve parfois car les gens sont indulgent. Peut-être que d'autres fois ils n'hésitent pas à me tirer dessus justement car ce n'est pas mon métier et que donc ils pensent que ma vie ne va pas s'effondrer s'ils me critiquent.

Franck said...

Très honnêtement, je trouve que chez Richard Shilling, la ressemblance avec les travaux d'Andy Goldsworthy, va bien au delà de la simple source d'inspiration ou de la figure de style, qui fait écrire par Flo "Des peintres qui ont fait des natures mortes...Ce qui n'est bien souvent qu'un exercice de style pour la plupart est devenu chef d'oeuvre chez d'autres!!".
J'avais parlé d'un "effet Podium" dans un commentaire sur ce blog, pour évoquer cette propension que nous avons plus ou moins à nous identifier "au maître" pour mieux comprendre, de l'intérieur, son travail.
Le fameux "à la manière de" dont on connaît, et dont on été rappelé, les vertus formatrices, mais dont il convient à un moment de s'affranchir pour pouvoir prétendre être un "auteur".
C'est pour cela que concernant les travaux mis en cause par les critiques, je préfère considérer Richard, comme un interprète, ce qui ne signifie pas pour autant qu'à ce titre, il ne mérite pas d'être considéré comme un artiste.
Rubinstein et Cziffra n'interprètent pas Chopin de la même façon, et même si tant est qu'il joueraient mieux que Chopin lui-même, cela ne changerait rien à l'affaire.
Une chose est en tout cas définitivement claire qui doit faire taire les moralisateurs: Richard n'est pas un faussaire.
Et il ne pourrait faire d'ombre à Andy qu'auprès de ceux qui réduisent l'oeuvre de celui-ci à une simple performance technique.
En tous cas, lorsque j'ai découvert pour la première fois le travail de Richard Shilling, il m'est apparu avec évidence que pour moi, marcher dans les traces d'Andy pourrait-être une activité intéressante, formatrice... "pas besoin d'être Zidane pour prendre plaisir à jouer au foot"... mais en aucun cas une ambition artistique, puisque à défaut d'emprunter une voie plus personnelle, je pourrait au mieux, avec persévérance, talent et engagement, arriver à m'approcher du niveau de... Richard Shilling!
Je pense que Manu est très affecté par cette histoire car il baigne avec son blog et les réactions qu'il suscite, dans cette soupe où sont allègrement mélangés morale, intérêt économique, reconnaissance sociale, reconnaissance artistique, propriété intellectuelle, responsabilité morale et civile... alors même que ces notions repose sur un modèle de société fondé sur une structure de production industrielle et des échanges de bien matériels qui est en train de voler en éclat.
En attendant, chacun doit agir en son âme et conscience (ça me plaît...), supporter les critiques d'où qu'elles viennent et quelque soit leur nature (c'est le prix à payer pour avoir soi-même la possibilité de s'exprimer librement...), et protéger ses arrières (là, je dois reconnaître à contre coeur, que c'est Manu qui a raison quand il met ses "parental advisory"...).

flo said...

Très peu d'artistes vivent de leur art...donc y en a plein qui bossent à côté! c'est vrai qu'ils ont fait un choix! celui de privilégier leur expression au profit de leur confort social! on s'accommode des jobs de m... puisque ce n'est pas l'essentiel! Personnellement,avant d'avoir privilégier mon "art" j'ai privilégié,où du moins j'ai cru,mes enfants...ma présence avec eux et je me suis contentée encore une fois de job pourri!Est-ce que ça donnait plus de valeur à mon rôle de mère?...
peut-être que tout simplement ça justifiait mon absence d'ambition sociale...
tout peut être vu par tous les points de vue et être sans cesse remis en question!
il y a aussi des gens qui ont la capacité extraordinaire de combiner plusieurs activités, qui ont une puissance de travail énorme,une détermination sans faille...
En fait la seule jauge, c'est l'accord que tu ressens entre tes actes et ton envie...et tu es le seul apte à la ressentir!
Donc la conviction et la sincérité c'est l'affaire de chacun et je ne crois pas que les critiques puissent les briser si facilement!
...

Franck said...

Je suis tout à fait d'accord avec ton dernier commentaire, Manu.
Et tout le problème avec Richard Shilling, c'est qu'il est d'une certaine manière comme nous, mais qu'il a aussi déjà un pied dans la "cour des grands", c'est du moins l'impression que donne la présentation de son travail.
Et là il y a un saut qui n'est pas quantitatif (un peu mieux) mais qualitatif (un changement de statut et de système de références).
De mon point de vue, dans des registres différents, David et toi n'êtes plus si loin que cela de ce point de basculement...

Franck said...

ça va trop vite... quand je disais "ton dernier commentaire, Manu", c'était l'avant dernier, celui qui commence par "quand je parlais d'avoir l'impression de tromper les gens"

emmanuel said...

et c'est le fait d'être sur le file qu'il faut gérer, car de mon point de vue c'est très claire dans ma tête. Même si je fais des expos, je suis architecte avant tout. C'est une passion et un travail qui me comble.

flo said...

"Et il ne pourrait faire d'ombre à Andy qu'auprès de ceux qui réduisent l'oeuvre de celui-ci à une simple performance technique."
Cette remarque de franck me parait essentielle! Tout est dit!
la technique est transmissible et ne te donne en aucun cas accès au talent qui lui est une signature personnelle que tu apposes sur tout ce que tu touches quelque soit ta maitrise et quelque soit le domaine que tu explores!

flo said...

On nous a tous plus où moins donné le langage,on est pas tous des poètes...
il serait intéressant pour tous de lire ou relire "lettres à un jeune poète" de Rainer maria Rilke!je considère qu'une partie de ses réponses peut être reçue par n'importe quel artiste quel que soit l'art qu'il pratique

sur ce lien un des extraits majeurs de cette correspondance:

http://pagesperso-orange.fr/calounet/extraits/lettres_rilke.htm

emmanuel said...

C'est une très belle référence Florence. Tu sais que quand j'ai fais mon exposition avec la ligne de blé dans l'église,( inspirée des travaux de Verschueren), un artiste présent a qui je me confiais en lui disant que je ne savais pas trop quoi penser de ce travail du fait qu'il n'était pas totalement original, m'a conseillé de lire ce livre que tu cites. Je ne l'ai pas fais. Il est temps de le faire je crois.
Sinon : rectification pour le lien vers mon autre site :
http://landart-enfants.blogspot.com/2009/02/recommandations.html
L'autre lien était mauvais et du coup j'ai involontairement orienté mon mécontentement vers des commentaires de David alors que je voulais parler d'un autre commentaire anonyme. Mea culpa

Franck said...

Je suis totalement d'accord avec le fait que ce qui fait de l'artiste ce qu'il est, est la nature du regard qu'il porte sur les chose, même les plus simples.
Mais, pour ma part, je n'adhère absolument pas à la vision "ultra romantique" de l'art, développée par Rainer Maria Rilke dans ce texte et en particulier dans cette phrase:
"Il suffit, selon moi, de sentir que l'on pourrait vivre sans écrire pour qu'il soit interdit d'écrire."
Et pis quoi encore! Pourquoi pas: "on est pas artiste, on naît artiste" et toutes ces balivernes mystificatrices... "la boîte noire de l'inspiration artistique"...
Je suis totalement d'accord avec le fait que l'art ne peut être totalement cerné par les outils dominants de notre culture cartésienne (et ne doit pas être évalué avec ses critères), c'est ce qui fait de l'art un formidable outil de découverte, de connaissance et de communication, à l'égal des sciences ou de la philosophie...
La passion que l'on peut y mettre ou pas peut être déterminante pour la qualité du résultat, mais elle ne peut en aucun cas en constituer une définition pour autant... certains mathématiciens ne pourraient pas vivre sans les mathématiques (en plus ce ne sont pas forcément les meilleurs)... dans certains cas, on pourrait même comparer ces "passions" à de pures et simples "addictions".
Malgré les apparences, il me semble que Rainer Maria Rilke enfonce des portes ouvertes en peignant une image mythique et absolue de "l'Artiste" à laquelle adhère la pensée dominante, même si dans la vraie vie, les choses en vont autrement (le jeune poète en est l'exemple).
Ce radicalisme est de même nature et produit selon moi les mêmes effets que celui des écolos et des libertaires qui ne sont prêts à faire aucune concession.
Que pensez-vous qu'il va se passer si le jeune poète suit à la lettre les conseils de Rainer Maria Rilke?
A mon avis il va arrêter d'écrire!
Comme tous ceux d'entre nous qui ne sont pas prêts à abandonner leur boulot et leur famille devraient arrêter le landart!
Moi à l'inverse je suis ultra-a-romantique (sans pour autant être anti-romantique, car je suis tolérant...) et je trouve vachement plus fort la démarche qui consiste à manifester la volonté de se donner à fond dans quelque chose qui n'est pas indispensable, plutôt que de satisfaire à son instinct de conservation... mais ça c'est une vision totalement personnelle, j'en conviens.
N'hésitez pas à me pourfendre... ça me fera avancer...

flo said...

Il est vrai que cette unique phrase de Rainer maria Rilke a longtemps raisonné dans ma tête d'ado et jusqu'à maintenant comme contenant les germes d'un radicalisme destructeur! Je ne suis pas du tout étonnée que tu la relèves avec tant de véhémence , de lucidité et finalement de courage!
Souvent en essayant de l'appliquer à ma démarche,j'ai pris le risque d'abandonner mon voyage en considérant que mon absence de détermination à certain moment pouvait être le signe de la fin de ma créativité...
je réalise en t'entendant refuser ce dictat en toute liberté, qu'il m'a bien souvent obliger à un questionnement confus dont je n'entrevoyais la sortie qu'en m'éloignant du doute dans lequel je me trouvais jeter!
A present je ne me pose plus ou rarement cette question et en relisant cette phrase hier, elle m'est réapparue comme une phrase tueuse!
Ton intervention finit de rompre ce lien inutile et meurtrier que naïvement j'ai pu maintenir autour de mon cou par soumission!!
mais pour le reste ,il y a tellement de choses sensées que j'aime quand même son propos!
je n'y vois pas non plus d'ultra-romantisme comme tu la qualifies mais là encore je ne connais certainement pas la définition du "romantisme" tel que tu l'entends.
En tout cas loin de te pourfendre, je te suis plutôt reconnaissante de rétablir un peu de nuance pour moi et pour ceux qui peuvent être affectés par ce genre de propos et s'en servir de jauge pour mesurer leur passion!

flo said...

"je trouve vachement plus fort la démarche qui consiste à manifester la volonté de se donner à fond dans quelque chose qui n'est pas indispensable, plutôt que de satisfaire à son instinct de conservation..."
Qu'est-ce que ça veut dire "se donner à fond"?...
parce que,en te relisant, il me semble que tu interprètes l'idée d'engagement que révèle Rainer Maria Rilke comme l'obligation de ne faire que ça!
je ne l'entends pas de la même façon!
Accorder des priorités et reconnaitre que tu ne pourrais te passer de faire,ou de fréquenter,ou de voir...quelque chose où quelqu'un ne suppose en aucun cas que tu entres en religion au nom de ce besoin...et que tut te sépares de tout les reste.
tu ajustes tous tes besoins à l'ensemble des autres et tu accordes des priorités qui déterminerons tes décisions...en adoucissant quelques compromis souvent nécessaires...tu ne peux tout avoir dans la vie...Quel besoin es-tu le plus susceptible d'abandonner au profit d'un autre?
Heureux celui qui peut tous les embrasser!
je vous souhaite de faire parti de ceux-là... :-)

Franck said...

Ce que j'aime avec les textes forts comme celui de Rainer maria Rilke, et des interlocuteurs comme ceux que l'on trouve ici, c'est que l'on peut apporter de la nuance... sans être forcément soi-même très nuancé!
Bien évidemment, je suis extrêmement sensible à ce texte, et aux enseignements précieux qu'il apporte.
En y regardant de plus près, on peu même constater que la fameuse "phrase tueuse" est entre parenthèse.
L'auteur différencie ainsi ce qui est son sentiment intime et personnel, de ce qui peu "objectivement" être considéré comme un conseil "universel"
ce qui est d'ailleurs, à mon sens, totalement ambivalent:
- cela "n'est que" son point de vue et c'est le reste du texte qui est important, et libre à chacun de l'interpréter à sa façon (y compris de manière radicalement contraire, ce qui est mon cas).
- cela est l'essence même du texte puisque c'est là que l'auteur exprime son point de vue profond, et si elle suit ses propres préceptes, il n'y a aucune raison pour qu'elle l' exprime si ce n'est pas vital pour elle de le faire (et c'est là que je saute au plafond).
J'ai eu exactement le même type de réaction peu nuancée avec un texte de Bobin adressé également par Flo dans les commentaires d'un article précédent, où il compare les ouvriers du Creusot à des "saints".
Ceci étant, je m'efforce malgré tout de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain en tirant grand bénéfice de ces textes puissants et pertinents, même si je ne partage pas forcément la "foi" qui les inspire à leurs auteurs.
Pour ce qui est du romantisme, c'est Manu qui m'a mis cela en tête en se risquant, l'autre jour, à une définition d'un "chef d'oeuvre":
"Je suis un peu romantique et j'aime l'idée (et cela m'est déjà arrivé) de la personne (inculte en histoire de l'art et allergique aux grands discours) se promenant dans un musée, s'ennuyant un peu et puis... tombant en extase devant une oeuvre."
Comme lui j'aime cette idée, et comme lui (peut-être un peu plus quand même) je n'en fais pas une condition exclusive à la qualification d'oeuvre d'art.
Le romantisme pour moi, c'est "l'amour impossible", "les destins tragiques"... (sujets dont, soit dit en passant, Rainer Maria Rilke invite à se méfier), mais c'est également "le génie méconnu", "l'artiste bohémien", "l'art né de la souffrance", "l'inspiration quasi-divine", "l'art universel qui s'affranchit de toute référence"...
Je n'y suis pas très sensible, mais je n'ai rien contre...
Ce que j'appelle "ultra-romantisme", c'est quand cette vision romantique exclue toute autre approche ou la considère subalterne.
Paradoxalement, cette vision valorisée de l'artiste marginal et anti-conformiste, est extrêmement conformiste; elle rassure par sa prédominance statistique et conforte dans leur ignorance tout ceux qui ne feront jamais d'effort pour essayer de comprendre, et ne se risqueront jamais à passer à l'acte (ceux qui considèrent d'un bloc que l'art conceptuel n'est qu'une fumisterie par exemple).
Paradoxalement, ce dictat du plus grand nombre est totalement élitiste.
Peut-être cela est-il dû à mon parcours personnel, mais je suis sensible à ces questions de façon "quasi- épidermique", c'est pour cela que ma réaction peu sembler disproportionnée, j'en conviens (ma part de romantisme?).

emmanuel said...

A mais là ce n'était que "ma définition" du chef d'oeuvre. Et tu as raison, cette idée est romantique et donc elle est plus dans le souhait qua dans le réel.
Et niveau anti conformiste, je pense que cette vision des choses est biaisée de toute façon par l'argent. A moins donc que l'artiste ne veuille pas vivre (ou peu vivre) de ses oeuvres (ce qui est parfois le cas il faut le souligner) je pense qu'on entre dans le conformisme dés qu'on entre dans le marché de l'art. Alors peut-être que l'art comme loisir est une échappatoire possible à ce risque. Quand j'entend une anecdote croustillante sur un artiste anti conformiste qui a fait tel ou tel truc carrément à l'opposé de ce que font les autres et quand je vois ensuit que ses oeuvres valent plusieurs millions de dollars...

emmanuel said...

serait-ce polémique de dire que mon art est conformiste et que je l'assume. C'est même sa raison d'âtre je pense...

Franck said...

"Accorder des priorités et reconnaitre que tu ne pourrais te passer de faire,ou de fréquenter,ou de voir...quelque chose où quelqu'un ne suppose en aucun cas que tu entres en religion au nom de ce besoin...et que tut te sépares de tout les reste."
Tu as parfaitement raison, et j'ai fait un contre-sens.
Par contre, l'idée qui me tiens à coeur et qui m'oppose à Rainer Maria Rilke, c'est qu'une chose mérite d'exister même si on peut vivre sans.
Je compare la vie à un éco-système dont l'équilibre dépend du rapport qu'entretiennent entre-elles les différentes espèces qui le composent. Si sa bio-diversité est suffisante, l'extinction d'une espèce modifiera l'équilibre, mais n'aboutira pas à la disparition de l'éco-système, ce qui ne sera pas le cas si la bio-diversité est faible.
Les systèmes hyper-spécialisés sont cependant les plus performants au regard d'un objectif spécifique: la monoculture céréalière permet les meilleurs rendements... mais leur survie tient à peu de choses.
C'est là qu'intervient la notion d'engagement. L'athlète de haut niveau, le pianiste virtuose... font des sacrifices... doivent renoncer à se disperser... (là je sors de ce dont parle RMR, mais n'est-ce pas sous-jacent?) et se mettent en danger en mettant tous leurs oeufs dans le même panier.
C'est cet engagement, ce danger, qui en plus d'être porteur de performance est magnifiquement "romantique".
Je me rends compte que j'ai pour ma part totalement renoncé à cette forme d'engagement, sans doute par manque de courage...
Mais je me rends compte également, que chaque "activité" que je pratique sérieusement (à fond?) participe de ma propre édification, et par conséquent nourrit en retour toutes les autres.
Le temps passé à s'y consacrer n'est pas soustrait au développement des autres, mais y participe sous une forme différente; participe à l'équilibre dans lequel elles peuvent s'épanouir.
En d'autres termes, la diversification n'est pas dispersion mais approfondissement, dès lors que l'esprit est décloisonné.

Franck said...

Manu, pour que ton art soit "conformiste" il te faudrait bosser un peu plus... car comme pour tous les mots en "iste" qui renvoient à un mouvement ou une spécialité, cela supposerait une théorisation, et une classification qui ferait de ce "conformisme" (à quoi d'ailleurs?) une caractéristique dominante.
On peut faire une oeuvre "minimale", sans qu'elle soit pour autant "minimaliste".
Ce que tu peux assumer par contre, c'est un art "consensuel" destiné à plaire au plus grand nombre.
Fait avec la sincérité qui te caractérise, il ne sera (il n'est) pas mièvre pour autant.
Ceci étant fait quand même gaffe... on a déjà Yves Duteil...

emmanuel said...

faut bien être un peu Yves Duteil avec les enfants, voire, Henry Dès.

Franck said...

Henri Dès: j'adore... Yves Duteil: no way!
C'est justement de cela dont il est question.

flo said...

On est d'accord Franck!
Mais sans aller chercher les cas un peu marginaux de l'athlète de haut niveau,ou du virtuose...ne parlons que du mariage,ou de la famille,(pour ma part je ne suis pas mariée mais vit de la mm manière)...qui nécessite un engagement!!
Ne me dites pas que vous ne renoncez à rien en prenant cette voie là!!
que dire de la diversité dont on se prive ici Franck?? ;-))
C'est d'ailleurs forcement une question que s'est posé chaque homme avec un petit "h" et chacun y a répondu à sa manière,en prenant en général la femme en otage de ses raisonnements...heureusement que l'histoire avance mais les questions continuent.
Celle de l'engagement se retrouve dans tout ce que nous faisons et la valeur de notre sincérité ou de notre soumission à l'ordre, ou de notre liberté se mesure bien souvent par là!

flo said...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
flo said...

Le degré de renoncement que l'on est capable d'accepter pour accomplir une tâche lui donne toute sa valeur!

Cela n'exclue en rien le plaisir que l'on y prend et ne garantit en rien non plus la "réussite" de l'ouvrage!

En cela ,peut-être, je rejoins la pensée certainement un peu radicale de Rainer maria Rilke et de tant d'autres...

J'ai rajouté ces qq mots pour que l'on ne pense pas que je fais diversion sur des sujets qui n'ont rien à voir avec celui de départ.

Franck said...

"Le degré de renoncement que l'on est capable d'accepter pour accomplir une tâche lui donne toute sa valeur!"
Il ne lui donne pas pour autant du sens...
La notion de "valeur" telle que tu l'entends serait-elle liée au mérite?
Comment considères-tu le temps, le travail, et donc l'abnégation, que réclame la construction d'une tour Eiffel en allumettes?
Et ne me dis pas qu'il s'agit encore une fois d'un cas particulier...
Je me plais à penser que les choix que je fais sont des choix positifs et pas des choix par défaut ou des renoncements, et que leur valeur réside en eux-mêmes et ne se mesure pas à en fonction de ce que d'autres choix auraient pu m'apporter.
On se retrouve sinon dans la logique comptable de l'entrepreneur qui considère les "manque à gagner" comme des pertes, du spéculateur qui vend en fonction de ce que l'acheteur est prêt à payer...
Je ne crois pas me mentir à moi-même lorsque je me plais à penser que si ma petite famille est si soudée, c'est parce que nous avons plaisir à être ensemble, et pas parce que nous serions incapables de vivre les uns sans les autres.
Peut être pourrais-je devenir super-performant dans mon métier ou une autre activité, en laissant de côté ma vie de famille ainsi, au passage, que quelques-uns de mes principes.
Si j'avais l'ambition d'être parmi les tous meilleurs, il le faudrait certainement...
Dois-je considérer que la valeur de mon attachement à ma famille est proportionnelle à la brillante carrière que je ne fais pas?... ou dois-je considérer que la valeur de cette carrière serait proportionnelle aux renoncements que j'aurais dû consentir pour pouvoir m'y consacrer tout à fait?
Etre le meilleur ne m'intéresse pas... à part être le meilleur "moi-même"... en cultivant mon unicité, je me mets à l'abri de la concurrence ;-D

flo said...

Oui pour moi ,c'est totalement lié!
Il n'y a rien qui me donne en permanence du plaisir!
Les choix sont basés sur un ensemble et un équilibre entre plaisir et contrainte...je n'accède parfois au plaisir que par la contrainte que m'a donné la tâche à accomplir...parfois ce n'est que contrainte...parfois j'arrive aussi à trouver du plaisir dans une tâche contraignante...etc...mais il n'y a pas que du plaisir,j'en suis certaine!
J'aime mes enfants plus que tout au monde!
J'ai désiré chacun d'eux et pourtant,la première née a été un total bouleversement de ma vie!
J'ai été complètement broyée par cet amour...difficile de décrire ce mélange d'amour inconditionnel qu'il te faut pour accepter la difficulté de la tâche...un enfant qui hache menu toutes tes nuits parce qu'il faut l'allaiter,le changer,le protéger...te donne l'impression d'être plongée pour une durée dont tu ne connais pas la fin, dans une mer déchainée qui ne te laisse que peu de repos entre deux vagues..;à chaque fois que tu crois pouvoir toucher la rive et te reposer, tu te fais aplatir et tirer par une autre vague... c'est de l'ordre de l'épreuve ,indissociable du plaisir et du renoncement...
A la lumière de cette expérience,j'étalonne toutes les autres!
et quand je parle de valeur, celle que je mesure n'est pas la valeur de l'oeuvre accomplie mais la valeur de la passion que tu y mets!
Celle-là me parait mesurable ,et pas uniquement en terme de plaisir!

Franck said...

Si la valeur de la satisfaction que tu as à surmonter l'épreuve que constitue le fait d'élever des enfants est indissociable du plaisir et du renoncement qu'elle induit, je doute fort qu'il en soit de même pour l'intensité de l'amour que tu leur porte...
Mon expérience de la paternité est très proche de celle de la maternité que tu exprime, bien que je ne sois pas une femme, et qu'il y ait forcément des différences fondamentales, quelque soit mon degré d'implication.
Je pense qu'on est là dans des questions de l'ordre de la "pulsion de vie".
On peut se poser des tas de questions avant d'avoir des enfants, qui si l'on était totalement froid, rationnel et objectif, devraient nous faire renoncer à procréer.
Il n'en demeure pas moins, que dans la grande majorité des cas, une fois qu'ils sont là, ces questions ne se posent plus tant leur présence semblent relever de l'évidence... à tel point qu'au bout de quelques jours tout se passe comme s'ils avaient toujours été là.
C'est la même chose avec "l'énergie vitale" que nous avons en nous "la petite flamme".
Je ne pense pas que cela ait, dans l'absolu, une finalité, une valeur... on peut le croire pour se rassurer (les religions, entre autre, son faites pour ça).
Je perçois par contre que cela a une intensité que je peux expérimenter: "ambulo ergo sum"
C'est cette intensité que j'expérimente autant dans le plaisir que dans l'épreuve.
Le plaisir ne serait-il pas d'ailleurs tout bonnement le sentiment de se sentir en vie?

Pour en revenir au texte de RMR, je pense que la seule chose qui me gène est le caractère univoque de son point de vue personnel, plus que le radicalisme des préconisations qui lui me plaît bien.
Ce texte est à prendre comme un outil puissant, dont il suffit de changer la phrase entre parenthèse pour se l'approprier, sans pour autant le dénaturer.

lou said...

J'ai parcouru les commentaires, en excès de vitesse.
Lire ? je lis lentement.
Chacune ou chacun voudra bien me pardonner cet excès qui est un défaut.

Les "maîtres" et "leurs" maîtres, c'est aujourd'hui un sujet d'exposition (Picasso, Turner...).

Il y a, selon mon étiquetage et malgré ma répugnance de la taxonomie, des "inventeurs" et des "suiveurs" (je passe sur les "académiciens" qui ne font que recopier, parfois avec talent pour une exposition où l'on ne peut déplacer l'original : El Greco à Bruxelles).
Les inventeurs sont toujours des suiveurs, il y a une histoire de l'art. Il y a des suiveurs-inventeurs.

La polémique semble tourner autour de la question : qui a inventé ?
Et, il me semble, une autre polémique : l'art et la nature sont-ils conciliables ?
C'est pour moi tellement étrange que je ne sais pas ce que j'en pourrais dire.

Chez moi, Emmanuel, dans mes liens, est nommé "comme maître et servant de la nature" (détournement de la formule de Descartes). C'est assez dire.

On retiendra "servant". Celui qui ne cueille pas une fleur laisse la fleur se faner, est-ce moralement mieux ? ("moralement", c'est de l'ironie :))

Un dernier mot.
Je radote.
Je l'ai déjà écrit.
Ce que fait Emmanuel, ce que font certains des amis qu'il présente, ce n'est pas du land-art, c'est plus proche du "cabinet de curiosités", d'un jeu 'avec' la nature et non d'une intervention 'dans' la nature.

Continuez !

La beauté est au-delà de toute polémique.