Je reviens sur un débat que nous avons déjà eu ensemble non pas ici mais sur le blog de David. Où se situe la limite entre une intervention intégrée à l'environnement et une intervention plus sculpturale qui se donne à voire telle un objet? Je développerais le pourquoi du comment de ces deux photos dans les commentaires mais j'attend déjà les vôtres. Bon, les photos sont de qualité moindre mais elles ont le mérite d'être là pour lancer le débat.







28 Comments:
je ne sais pas si je comprends bien ta question au regard des images...
quelle est cette "limite" dont tu veux nous faire parler?
Sur la première photo que tu présentes, j'y vois ta rencontre avec un arbre coupé et je situe ton intervention sur ce morceau d'entaille que tu a disposé dessous...
La deuxième est celle d'un arbre arraché dont tu a mis en évidence la fracture en hérissant tous ses points de résistance et de lutte successifs...
La question est-elle de savoir si l'on peut considérer ton intervention comme un acte artistique donnant à ces scènes une intensité dramatique et les élevant au rang de sculpture?
...
et bien, c'était la question que nous nous étions posé sur la "roue au sommet du monticule de neige" de David. Quelle est la frontière entre un objet posé dans un milieu naturel, et une forme plus intégrer d'oeuvre. En gros : parfois on a envie par nos interventions de mettre en valeur l'environnement (autour de l'oeuvre) et parfois, on veut attirer l'attention sur l'oeuvre elle-même. Pas de jugement de valeur là dedans.
Pour les deux interventions ci-dessus tu as vu juste les deux fois. Je les ai réalisées juste à quelques minutes d'intervalle. Mais sur la première j'ai voulu mettre en valeur l'arbre couché alors que sur la seconde, j'ai voulu attiré l'attention sur l'objet même de mon intervention : la souche. A chaque fois le but était d'attirer l'attention sur ce saccage. Bon, ce n'est pas une déforestation mais un entretien de forêt : Il faut bien entretenir les forêts pour permettre leur régénérescence. C'est juste que ce coup-ci, après le départ des engins, ça ressemblais vraiment à un champ de bataille. Ce même jour j'avais réalisé.
Mais lancer ce débat est peut-être un coup d'épée dans l'eau. Et peut-être n'y a-t-il pas lieu d'y avoir débat là dessus. J'imagine que si toi-même tu ne vois pas en quoi cela fait débat et bien...
Pas de débat alors mais juste deux approches pour un art dans la nature : montrer la nature et se faire tout petit. Ou affirmer notre condition humaine nécessairement hors de la nature.
C'est intéressant de lancer des débats mais encore faudrait-il qu'il y en ait un. Je ne vois pas le rapport avec ce que j'ai fait.
Je peux aussi te poser une autre question : As-tu réaliser cela pour lancer ton débat ou es-tu en train de faire un travail de fond sur le sujet?
David
Non Manu ..c'est juste que je voulais que tu précise vers quoi tu orientais le débat..car il peut être assez vaste...donc il y a bien sujet à débattre...
Pour ma part,il n'y a pas de frontière comme tu dis...il y a juste un degré d'intervention.Faire une photo d'un détail de ton environnement , c'est déjà une intervention, où une interprétation...évidemment,tu ne laisseras ,pour celui qui marche dans tes pas sans voir ta photo ,aucune indication!
Mais la durée des oeuvres dans la nature,par la nature peut soulever le même débat!
La deuxième question peut-être est de trouver l'équilibre entre la mise en valeur de l'oeuvre de l'homme et l'oeuvre de la nature ...
ces travaux datent d'un an donc je ne les ai pas fait exprès pour ces questions. Ensuite tu dis que tu ne vois pas le rapport avec ton travail mais en fait il s'agit plutôt de ce que les spectateurs y ont vu comme rapport. Et en l'occurrence tout le débat qui a eu lieu autour de ton travail lors de ce fameux "cercle sur la colline". A moins que j'ai rêver et que cette discussion ( http://projet-oaz.blogspot.com/2010/02/jaligne-ou-je-domine.html ) n'ai jamais existé. et je cite Franc : "Pour revenir à l'installation de David, elle est magnifique (je suis sincère), la lumière est impeccable et la photo parfaite. Elle est sculpturale, et sur son piédestal, elle en jette un max. Mais que nous apprend-elle sur la neige et sur le paysage qu'elle inféode à sa magnificence."
Donc je voulais juste mettre en évidence deux types d'intervention : l'une centrée sur elle-même et l'autre plus altruiste et donnant a voir tout le reste.
Mais tu as raison, il n'y a pas débat car il n'y a pas opposition entre ces deux démarches qui se complètent. le mot était mal choisit. je voulais juste que l'on parle de ces notions mais pas qu'on les oppose.
sinon Flo : je suis d'accord, encore que là, la photo n'apporte pas grand chose et sur place on aura la même vision des travaux je pense. Enfin, c'est que j'ai ressenti en les réalisant et en voyant le rendu final.
C'est dur de partir là-dessus dès le lundi matin.
David
je sais. désolé les amis. Alors pas de soucis, on peu ne pas se prendre le choux et passer à autre chose. On n'est pas toujours obligé de déblatérer, on peu se contenter de regarder en se posant un moment.
Non! Ne prends pas à chaque fois ce que dit une personne pour une généralité.
Moi, je ne suis pas apte à partir sur ce type de discution dès le lundi matin mais les autres peuvent le faire.
David
Je pense que je vois où tu veux en venir, Manu.
Cette question du rapport entre la relation qu'une installation entretien avec son environnement et ses qualités sculpturales intrinsèques m'est effectivement très chère et je manque rarement une occasion de la mettre sur le tapis à chaque fois que vos réalisations me semblent y avoir trait.
Elle a été "bien nourrie" chez David depuis la fameuse roue "magnifiquement exposée" sur son promontoire jusqu'à très récemment encore.
Je ne porte pas de jugement de valeur sur la position où chacun positionne le curseur entre ces deux pôles qui ne sont d'ailleurs pas antinomiques, tout au plus ai-je ma propre sensibilité.
Je me permets par contre, pour être constructif, d'attirer l'attention lorsqu'il me semble que le rendu n'est pas en cohérence avec la réalisation ou avec le propos, ou lorsqu'il me semble qu'une réalisation n'est pas, de ce point de vue, dans la lignée de la série dans laquelle elle s'inscrit par ailleurs.
Pour ce qui est des deux images que tu nous présentes ici, il me semble qu'elles mettent toutes deux essentiellement en évidence le carnage.
Si tu voulais traiter la réalisation présentée sur la deuxième image de façon sculpturale (comme une sculpture de Franz Krajcberg), il fallait cadrer plus serré et mettre moins de profondeur de champ par exemple.
Ces images ne me semblent pas assez significatives pour être essentiellement destinées à éclairer ce débat... et je pense que ce qui a généré les interrogations de Flo.
pas faux sur ta dernière remarque l'ami.
exactement Franck...c'est entre le "reportage" et "la théâtralisation de l'oeuvre"
trop de l'un et pas assez de l'autre...effectivement induisent une mauvaise perception de ton intention!
Le mouvement et le (dés)équilibre de ce qui reste de l'arbre dans la première image m'évoque un patineur en "planche avant"... je trouve que ton intervention ne s'inscrit pas dans ce mouvement... quelle était son intention?
et bien quand tu es face à cet arbre (sans la béquille) tu as vraiment la sensation qu'il a été figé en pleine chute. J'avais d'ailleurs du mal à comprendre comment il tenait encore debout. L'illusion était parfaite. J'ai juste ajouter la minuscule béquille pour donner l'illusion qu'à elle seule elle retenait cette masse. Rien de plus. mais sans doute l'effet rend il mal en photo.
Maintenant que tu le dis, on voit plus le rapport et l'utilité de la béquille. Mais sans cette explication, pour moi, le morceau de bois n'avait aucune utilité.
David
on peu se dire qu'une photo sans rien toucher peut être intéressante car elle montre une image troublante d'équilibre. On peut également se dire que la démesure du poids de l'arbre sur une si petite béquille est un contraste intéressant. Ces deux visions sont intéressantes et il aurait été pour le moins étrange que tu partages ma vision. Mais cette autre vision "sans intervention" est tout aussi forte, je le conçois.
on peu se dire qu'une photo sans rien toucher peut être intéressante car elle montre une image troublante d'équilibre. On peut également se dire que la démesure du poids de l'arbre sur une si petite béquille est un contraste intéressant. Ces deux visions sont intéressantes et il aurait été pour le moins étrange que tu partages ma vision. Mais cette autre vision "sans intervention" est tout aussi forte, je le conçois.
Il est parfois intéressant de ne surtout rien faire et de juste observer...
Et pour la seconde image ?
David
le tronc était déchiqueté avec les piques vers le haut. Il a été scié en partie et le poids de l'arbre a fit tomber le reste en laissant ces pointes à la verticales. Une vision classique que nous rencontrons souvent. J'ai juste voulu accentuer cet effet brutal du déchiquetage en tordant les pointes. Histoire de donner un effet un peu plus dynamique comme si l'arbre avait essayé de se défendre jusqu'au bout.
Très fort et très puissant. Un travail et des photos qui parlent vraiment. Bravo Manu
un commentaire qui ne cherche pas la petite bête : agréable de temps en temps.
Étrangère dans votre joute réflexive, j'ose m'y immiscer le temps d'un clin d"oeil québécois et vous dire que la réflexion déposée ici m'a amenée à me questionner durant toute la semaine sur le sujet. Sans répondre à la question posée, je me suis plutôt demandé en quoi il était important, voire nécessaire, que mon acte de création tienne compte de ces deux paramètres.
Dois-je rendre des comptes à une "autorité" extérieure à la mienne lorsque je suis en dialogue avec la nature? Ai-je besoin de choisir qu'une seule approche pour l'ensemble de ma création ou puis-je créer à partir de ce qui est ? etc...
Alors, si ce dialogue a pu nourrir ma propre réflexion merci ...c'est déjà beaucoup.
Pour le reste j'aurais le goût de vous demander :"Qu'est-ce qui vous a amené à un tel questionnement?" Je suis certaine que vos réponses nous amèneront plus loin ou plus près en fait de l'acte de création du land art.
merci
Bon samedi
Monique Gagné
du Québec
Votre point de vue est juste Monique. En fait cette question est partie d’une autre discussion que nous avons eu ensemble (dans le lien que je cite au début). Je voulais juste la poursuivre tout en sachant qu’elle était polémique et que bien entendu, quelque soit le statu que nous donnons à nos travaux, nous sommes libre de créer sans nous soucie de ce genre d’interrogation qui doit sembler bien futile. Comment se prendre la tête pour pas grand chose. Ces considérations doivent sembler bien loin de l’expérience du « dehors » vu de l’extérieur. Et votre commentaire nous remet un peu les pieds sur terre. Au départ je me suis mis à l’art en extérieur pour échapper au dictat de l’art institutionnel et pour ressentir vraiment les choses. Et me voilà à philosopher et jouer à l’Historien de l’art... En même temps ces discussion sont passionnantes alors… Mais il est vrai qu’elles ne doivent pas nous éloigner de notre but premier qui est de nous faire plaisir.
"pour échapper au diktat de l'art institutionnel et pour ressentir vraiment les choses..."
Totalement en accord avec ce positionnement ...dommage que nous ne puissiez être à Montréal en mai, vous et vos amis...à la galerie où j'exposerai (galerie sans comité de sélection mais offrant aux artistes un lieu pour prendre la parole artistique) nous aurions pu poursuivre cet échange et aller jouer en nature ...
Ceci étant dit, les échanges sont formateurs et questionnants et c'est très bien ainsi
À suivre
Monique G
Arrête un peu Manu!
Je ne vois pas en quoi tu pourrais être soumis d'une quelconque façon "au diktat de l'art institutionnel".
C'est toi, paradoxalement, qui par ce discours, pratique la langue de bois que caricature Franck Lepage: http://www.dailymotion.com/relevance/search/franck+lepage
(merci David pour le lien)
Les "dictateurs de l'art institutionnel" n'ont pas le monopole de la culture et de la réflexion intellectuelle, comme nous n'avons pas celui de la spontanéité.
Nous ne devons pas avoir de complexes (réels ou simulés) à agir spontanément, mais nous ne devons pas en avoir non plus à nous poser des questions.
J'adorais le rap hardcore, le vrai, celui de la rue, descendant direct du mouvement punk de mon point de vue, sans faux-semblants par rapport à la violence qui existe de toute façon... j'adore Abd Al Malik et ses références littéraires... il communique à tout le monde l'envie de faire comme lui: s'approprier la littérature.
Je ne sais pas pour vous, mais pour moi qui ai grandi dans un hlm de la banlieue parisienne, lorsque je me "prends le choux" je ne le fais pas pour jouer au "critique d'art institutionnel", mais parce que je pense que ces réflexions modifient ma façon d'appréhender le monde, et me font avancer.
C'est ça l'éducation populaire!
Pas de la déco ou du loisir créatif "opium du peuple".
Je suis 100% d'accord avec les propos de Monique et ceux de Manu, sur le fond... et loin de moi l'intention de jouer au "commissaire politique"... chacun fait ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut, avec qui il veut... et l'essentiel est de faire par soi-même pour sortir de l'attitude passive du consommateur...
Mais le ton de la réponse de Manu me hérisse! "je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire"...
Ne le prends pas mal Manu, tu sais que j'ai beaucoup d'estime pour toi... mais je pense sincèrement que ce n'est pas la "gamberge" qui t'enferme... tu serais beaucoup plus libre et spontané, si tu pouvais t'affranchir de ce "besoin" d'être un "gendre idéal"... ce que tu portes est bien moins superficiel que ce que tu laisses entendre dans ces propos.
ok cette expression était très mal choisie : fatigue de fin de dimanche. Alors ne polémiquons pas la dessus, je n'en ai pas le courage ce matin. Je voulais juste dire que je faisais de l'art en extérieur pour échapper à une forme d'art qui ne me parlais plus. les travaux de Goldsworthy avaient quelque chose de nouveau qui m'attiraient et qui correspondaient à certaines de mes aspirations à un moment donné de ma vie et cela ne va pas plus loin. Ensuite j'ai développé ces premières intuitions. J'étais embourbé dans d'autres formes d'art plus "classiques" (dans le sens de "plus répandues) comme le dessin, la photographie... Mais je n'avais rien à raconter. Et quand j'ai commencé à faire des oeuvres en extérieur, je me suis rendu compte que j'avais plein d'histoires à raconter, voilà tout. Ensuite, la discussion autour de la forme des oeuvres, j'avoue que ça me dépasse et que le fait de lancer cette discussion à eu comme effet bénéfique de me montrer que... j'en avais rien à cirer.
Enfin, pour ce côté "gendre idéal" je ne m'en rend pas compte mais il faudra peut-être admettre que cela fait parti de moi. ça ne va pas avec l'art? Bon ben il faudra demander à celui qui a défini l'art de m'expliquer pourquoi. Ce que je crois surtout c'est que je suis sans cesse changeant : tantôt gendre idéal et tantôt j'men foutiste. C'est pour cela que mes opinions changent sans arrêt, c'est pour cela que je peine à trouver ma voie et des idées cohérentes et c'est pour cela que parfois je me créé des contraintes et que d'autres fois j'ai envie d'être libre et sans étiquettes. Mon côté gémeaux peut-être. Mais je crois avoir trouvé une façon d'exprimer cela. De faire de ce soucis d'expression une force. Et vous verrez bientôt de quoi je veux parler...
"Géniale ton Blog,
tro cool
Merci"
merci beaucoup..... heu.... soutien gorge?
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