Les deux travaux qui vont se succéder cette semaine et la semaine prochaine sont issus d’une réflexion que je commence à avoir sur une nouvelle thématique. Elle me parle vraiment et je pense qu’elle me suivra un moment.
Le sol. Et par la même le rapport, la complémentarité qu’il entretient avec le ciel. Et entre les deux , l’homme. Pour le moment je me concentre sur le sol. Sur ses différentes couches, sur ce que cela peu signifier pour l’homme : rapport à ce qui se trouve sous ces couches, rapport à la mort… Le sol, c’est la terre. Earth works, land art, j’ai l’impression que c’est un peu l’origine de tout cela. Je tâtonne, mais j’ai en ligne de mire cette thématique. Si l’on veut être basique on pourra voir dans cette composition l’image de ce qui se cache sous le sol. Si l’on est curieux et que l’on gratte, on va découvrir toute cette vie qui pullule et dont nous n’avons qu’une vague idée… Un fleuve de feuilles qui passe sous nos pieds et que l’on découvre partiellement, des flux magnétiques…






18 Comments:
"Si les feuilles avaient été mieux agencées, le carré bien carré et non rectangulaire, cela aurait été mieux". Voici une belle citation d'Emmanuel sur mon dernier message de Blog où il avait la capacité de deviner ce que j'allais penser de son travail. :)) Louper!
Ce que j'en pense.
Je reste très basique et je vois une fenêtre que tu viens d'ouvrir sur les mondes souterrains peuplées de gros reptiles.
Ici, ce n'est pas la réalisation qui me gêne mais le texte explicatif. Moi, je ne vois pas de flux, ni de mouvement terrestre, ni de vie souterraine, ni de cavité karstique, ni de fleuve de feuilles mais je le redit, je ne suis pas très ouvert.
Nils Udo a fait des travaux intéressant la dessus même si je ne sais pas le discours qu'il a tenu sur ces travaux. Désolé, je ne suis pas touché.
Et c'est en cherchant que l'on trouve.
David
effectivement tu n'est pas bien rigolo.
En même temps je ne m'attendais pas à ce que tu me dises , "oui tu as vu juste, tu as su lire en moi". Non ça vraiment je ne pensais pas que tu allais l'écrire. Mais vu nos échanges sur ton blog ça ne m'étonne qu'à moitié. Et bien disons que si tu y vois une peau de dragon c'est déjà pas mal pour moi.
Et quand tu dis que Nils Udo a fait des travaux intéressant là dessus mais que tu en ignores le discours, j'imagine donc que tu te bases uniquement sur l'esthétique de ses créations. Elles sont sublime c'est vrai.
C'est ma première création sur ces mondes souterrains donc effectivement, j'ai une voie nouvelle devant moi et je cherche.
j'aime beaucoup le thème que tu as choisis d'explorer...le monde souterrain...où plutôt le trait d'union que tu cherches entre ciel et terre!
je dirais, comme david, que ta première interprétation artistique de cette question est peut-être plus une représentation,une sorte de réponse personnel à tes incertitudes..
ces petites feuilles bien rangées sont apaisantes,rassurantes et ressemblent plus à un nid qu'à une émergence souterraine!
Elles cachent bien plus qu'elles ne dévoilent...ce monde!
j'aurais d'ailleurs été curieuse de lire les interprétations différentes des uns et des autres si tu n'avais pas accompagné ton oeuvre d'un texte!
Tu as préparé un lit pour y coucher tes rêves et tes cauchemar!!
:-)
Non pas du tout, quand je dis que j'ignore son discours, c'est que je n'est pas lu ce qu'il a écrit sur son approche de l'œuvre. Quand je regarde les réalisations des autres artistes, je ne me base pas seulement sur l'image rendu mais je le compare à mon expérience vécue dans l'environnement naturelle.
Et là, je ne vois pas les écailles d'un dragon sortie tout droit d'un album d'Héroïque Fantaisy mais plutôt l'agencement des écailles d'un lézard vert affadi par la mort ou d'un poisson de rivière échoué.
Pourquoi mettre des feuilles au fond d'une excavation de neige au lieu de nous montrer, comme un révélateur, ce qu'il y a sous la neige? Je ne sais pas si tu l'as déjà vu mais il y a une activité sous ce manteau blanc qui pourrait être montrer en pratiquant une légère incision. Suivant le temps, la température et l'épaisseur de la couche, il y a les premières plantes qui tentent de sortir, les galeries des rongeurs aménagé entre la neige, la végétation aplatie et la terre, etc.
David
Moi j'aime bien, et je trouve la démarche exposée dans le texte plutôt porteuse.
Le rectangle c'est moins statique que le carré, et plus propice pour suggérer une direction et un mouvement.
Ces travaux, peu soumis aux rapport à l'environnement et ses aléas pourraient presque être réalisées en "atelier" (voir la vidéo de Marc Pouyet dont tu avais mis le site en lien) à ce titre, leur réalisation pourrait être parfaite d'autant qu'elle peut être recommencée autant de fois que nécessaire pour atteindre cette perfection.
A défaut il ne faut pas considérer l'imperfection comme subie, mais acceptée et assumée, voir voulue par l'artiste.
Je ne suis pas certain que le résultat aurait été "meilleur" si les feuilles avaient été agencées dans un ordre parfait, mais quand je vois qu'Andy va jusqu'à "dénerver" les feuilles une à une pour mieux en maîtriser l'agencement, je me dis que c'est un vrai sujet.
Je trouve que ces compositions qui de mon point de vue ne se suffisent pas à elles-mêmes mais qui trouvent leur sens dans la série, l'accumulation, la confrontation, commencent à être à l'étroit sur ce blog qui me fait de plus en plus l'effet d'un carnet sur lequel des croquis s'accumulent...
Je me demande si tu ne tentes pas un retour à la terre, vers les racines agricoles de tes ancêtres en tentant d'explorer le dessous, la matrice dans laquelle on plante le grain qui nourrira les autres.
David
Flo : Ce n'est effectivement que le début et c'est pour le moment plus formel que poussé dans la réflexion. Donc il s'agissait juste de proposer une installation et de voir ce qu'elle suscitait chez vous. j'aurais donc du m'abstenir de la commenter dans l'article.
Franck : exact, c'est bien ici un carnet de bord. Le portfolio est la pour présenter les travaux de façon plus soignée et neutre. Je ferais quand j'en aurais le temps une section spécifique pour mes "séries". Mais le top serait de pouvoir exposer ces travaux qui ont une cohérence entre eux. mais cette question se posera une fois que je sentirais réellement une série avec un début et une fin. Comme pour les variations par exemple. Qui seraient mieux exposées que dans le livre PDF que j'ai réalisé. Mais c'est certainement prétentieux de vouloir les exposer. C'est du temps que je n'ai pas en ce moment et des démarches que je ne sais pas comment aborder. Donc pour le moment le carnet de bord me convient avec le portfolio en parallèle pour ceux qui cherchent plus une sorte de lieu d'exposition virtuel.
David : Intéressant. Il doit y avoir du vrai là dedans. La terre, les origines...
ça me parle.
Plus que le poisson pourri en tout cas.
Je n'ai pas dit qu'il était pourri le poisson mais mort. Tout animaux mort perd de sa superbe, plus les heures avancent, j'ai observer cela avec un lézard vert, le matin ces écailles était très vive, magnifique et le soir, elles ressemblaient à la couleurs de ces feuilles.
David
Burp... blorp...
allons y pour le poisson mort alors. C'est la nature quoi!
Oui, sans être morbide, c'est aussi cela la nature. Les animaux morts ne sont pas enterré et tant s'ils ne sont pas manger par des charognards, ils peuvent rester très longtemps à la vue de tout le monde.
Surtout en montagne où la microfaune est moins abondante qu'en plaine.
David
Etant un néophyte dans le land art, j'apprécie d'avoir des textes explicatifs pour comprendre ta réflexion, Emmanuel. Surtout que tu n'imposes pas TA vision, tu expliques simplement ta démarche.
Thématique intéressante : la notion de couches. Finalement, tout n'est que "couches" dans la vie. La planète (avec ses couches atmosphériques) autant que l'humain (le moi, le sur-moi et le ça, trois couches essentielles !!).
Salut !
Je sais .. je ne dis pas grand chose .. mais cela ne veux pas dire que je suis très loin :o)
J'aime bien cette approche .. Montrer ce qui se passe dans le sous sol. Mettre en avant les différentes couches. Si cela ne te dérange pas .. je garde volontiers ce thème dans un coin dans ma tête .. si un jour je réalise quelque chose dans ce gout là, je ne manquerai pas de te partager le résultat :o)
PS: D'une manière générale. J'aime beaucoup ton travail avec ces feuilles .. exception sur "l'écoulement" La forme suggère quelque chose de dynamique .. mais le résultat est un peux mou à mon gout. Mes préférées sont le carré et les deux premières .. sorte d'éclatement sur fond blanc totalement abstrait.
A tout bient, et merci pour ton partage, j'apprécie.
Effectivement l'écoulement était une sorte de "bonus track", la chanson pas aboutie qu'on glisse à la fin. Peut-être aurais-je du m'abstenir. En fait non, j'ai bien fait de le montrer car je ne peu pas montrer que des travaux abouti. Mais si je devais mettre cette série au propre, il ne serait pas dedans.
Et pour le thème ce serait avec plaisir de comparer nos travaux, même si je sais que tu le ferais avec grand talent. Plus que moi je le pense, au vu de tes travaux qui sont rare mais de grande qualité.
Manu,j'ai trouvé un joli texte de Christiane Singer pour toi dans son livre "Les âges de la vie":
"LA MOITIE de notre existence est taillée dans la même obsidienne sombre et précieuse:le séjour intra-utérin,les nuits quotidiennes et la mort.
Quiconque prétend ne pas se souvenir d'avant sa naissance m'a toujours paru mentir.
Chaque matin en repoussant mes draps et ma couverture,en choisissant bon gré mal gré de recommencer,n'ai-je pas le pouvoir de vivre ma première trouée vers la lumière? la matrice d'ombre qui, la nuit,me reprend pour me lâcher à l'aube me restitue celle autrefois où je passai neuf mois de ma vie.
Pour l'explorateur du sommeil, le funambule des rêves,l'artiste de la semi-conscience qui se balance mollement hors du corps comme l'araignée au bout de son fil,la nuit est caverne d'Ali Baba aux inépuisables merveilles.Ayant en lui réconcilié le jour et la nuit,la vie et la mort,il retrouve accès au ventre qui lui donna forme et où il vient chaque jour s'abandonner et renaître.
Celui que le sommeil tantôt fuit,tantôt plombe comme cercueil,ne connait de la grotte que les monstres menaçants qui en gardent l'entrée.L'envers du monde se refuse à lui.S'étant cru forcé de choisir entre le jour et la nuit,la vie et la mort,il voue son existence à l'agitation et ne sera né qu'une fois."
un très beau texte pour compléter ma réflexion naissante. Les entrailles ne sont donc pas que peur primitives. Elles sont aussi réconfort maternel. Le ciel n'est donc pas que liberté, il est aussi peur de l'inconnu.
Ce texte est fabuleux...
Je ne peux également m'empêcher de penser, en le lisant, à son pendant, et imaginer comment peut être perçue la naissance et la vie toute entière, par celui que le réveil arrache quotidiennement à ses songes pour le précipiter dans les transports qui le conduiront vers un travail subi, dont les revenus assureront à peine les conditions élémentaires de sa subsistance.
Franck,ce texte là,qui raconte la vie des ouvriers d'une metallurgie, c'est pour te répondre:
"les hommes d'ici,pour manger et faire manger leur famille,métamorphosaient des tonnes de chagrin en canons,en wagons,en hélices.La sainteté c'est de ne plus pouvoir choisir.A midi,pendant un siècle,des usines baîllantes,se sont échappés des milliers de saints.Le ciel délavé teintait leur vêtements.Ils étaient esclaves et ils étaient saints.La peine des hommes fait leur vraie grandeur.L'invisible les sacre....
L'écriture est si loin de cet univers qu'elle finit par le rejoindre:c'est toujours aller chercher dans la gueule du feu la perle de fraicheur qui s'y trouve.Les serfs de l'acier,pour nourrir leurs enfants,avaient été décapités par l'admirable soleil de l'abnégation.Ils étaient fiers de leur anéantissement.Mon père disait que son père qui n'avait plus de paraffine,plus de mèche,plus de corps,plus rien que le rien de l'âme."
Qui sait ce qui se cache dans le cœur de celui qui se lève pour accomplir sa misérable tâche,qui n'a de misérable que le regard que l'on porte dessus!
Flo, pour filer la métaphore religieuse, je dirais qu'avant d'être des saints, ces gens sont des martyrs.
Et je ne pense pas que le martyr soit sain.
Je suis le premier à chercher à voir en tout le bon côté, considérant que quelques soient les conditions matérielles, ce qui importe c'est de maintenir allumée la petite flamme qui brûle en chacun de nous.
Combien de "gosses de riches" blasés, qui objectivement ont "tout pour être heureux", mettent fin à leurs jours violemment ou à petit feu, multipliant les expériences morbides, pour être incapables de l'entretenir, alors que le sdf dont tu rapporte l'interview sur ton blog déborde d'énergie vitale.
Peut-être ai-je donné un peu facilement, et de façon caricaturale, dans le "pathos" avec mon commentaire sur le premier texte, mais ce n'est pas pour autant que je porte un regard convenu, condescendant, populiste, ou quoi que ce soit de "charitable" dégoulinant de bons sentiments sur ces "pauv'gens", dont bien entendu je ne prétends pas connaître les tréfonds de "l'âme".
Il n'en demeure pas moins que l'espérance de vie des ouvriers est de 10 ans inférieure à celle des cadres, que l'alcoolisme et la dépression ne sont pas également répartis, que les employés des centres d'appels téléphonique se suicident plus que la moyenne...
Aussi vibrant, émouvant et juste que puisse être le deuxième texte, il n'en est pas moins pour autant, de mon point de vue, de ceux qui font le lit des religions, étouffoirs des injustices sociales, qui entreprennent de dicter ce que l'on doit faire ou pas de cette fameuse petite flamme.
A moins de souffler sur les braises dont ce texte nous fait entrevoir la lueur, je ne vois là que résignation... tout le contraire de ce que transmet "L'HOMME" qui s'exprime dans l'interview. que j'invite tout le monde à aller voir sur ton blog.
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