« Land artitude » : Façon responsable de pratiquer le land art.
A la base de se projet il y avait l’envie de pratiquer le land art au sein du Parc naturel régional des volcans d’Auvergne. L’envie également d’inciter le plus de gens possibles à s’ouvrir au land art et donc à participer à cette aventure.
Puis dans un second temps une autre question m’est venue. Comment pratiquer le land art dans des espaces naturels protégés sans les détériorer. Et comment répondre à cette question qui pèse sur ma conscience : si j’incite des gens à pratiquer le land art et qu’ils le font sans respect des espaces naturels protégés du PNR (parc naturel régional), j’aurais un résultat opposé à mon but premier.
Je suis donc entré en contacte avec le PNR et je leur ai soumis la question. Voici une partie de la réponse qui m’a été aimablement faite :
« Que vous dire sur la règlementation? Tout d'abord nous ne sommes pas un Parc National, mais un Parc naturel Régional, et de fait nous n'avons pas de réglementation spécifique hormis sur la publicité et les documents d'urbanisme.
Cependant, sur le territoire PNR, nous avons plusieurs sites protégés à savoir : les sites classés (protection du paysage) comme la Chaîne des Puys ou les gorges de la Monne, des Réserves Naturelles pour la protection de la faune et de la Flore comme la Vallée de Chaudefour, la réserve de Chastreix sancy, La Godivvelle et le Rocher de la Jacquette, et quelques arrêtés de biotop comme la Narse d'Espinasse.
Ces sites ont une réglementation particulière, et il est vrai que le land art, selon sa forme, peut créer un impact non souhaité.
Pas d'utilisation de végétaux vivants notamment, donc pas de fleurs, pas de branches cassées ou découpées, etc…les pierres ont pu êtres utilisées, ainsi que les bois morts, à condition qu'ils restent sur place ensuite. Et les matériaux apportés devaient être naturels et si possible non laissés sur place ensuite
Si l'on s'extrait de cette réglementation, on peut donner comme conseil :
- de bien connaître la flore pour éviter de toucher à des plantes protégées
- d'éviter d'utiliser des pierres abritant de la faune (c'est souvent le cas des pierres dans les ruisseaux, qui protègent nombre de larves d'insectes) ou des pierres dégagées suite à une érosion forte, comme dans la Chaîne des Puys, pour éviter de participer un peu plus au phénomène d'érosion
- on peut dire la même chose pour la mousse, faire attention à la faune associée (interdit en Réserve naturelle :Narse d'Espinasse ) mais je reconnaît en prélever pour la table des saisons.
- de faire attention à ce que le site choisi ne vienne pas d'être aménagé (j'ai eu ce cas il y a quelques années, et l'art éphémère a duré quelques années car les artistes avaient creusé dans un aménagement et un semis qui venait d'être réalisé)
- d'opter bien entendu le plus possible pour des matériaux naturels en apport (et donc biodégradable) »
Vous le voyez, il s'agit plus de bon sens que de restrictions, et je trouve cela intéressant de vous faire partager ces réflexions au moment ou je m'y intéresse.
Je vais de plus essayer de rencontrer des personnes du PNR avec qui j’ai déjà eu des contactes téléphoniques de façon à les intégrer un peu plus à la démarche de cette exposition et donc avoir en quelque sorte leur soutien. Ce n’est pour le moment pas encore fait (je vous le dirais dés que ce sera le cas) et nous prendrons donc comme base de notre land artitude commune les principes fondamentaux qui viennent d’être exposés ci-dessus.
Certains diront qu’en écrivant ces lignes je dégage ma responsabilité en cas de dégradation des sites naturels par des personnes voulant faire du land art à leur sauce. C’est peu être vrai (voyez le monde dans lequel nous vivons) mais pas seulement. Le but est surtout de responsabiliser nos futurs artistes en herbe.
En guise de conclusion je vous invite à consulter le site du PNR des volcans d’Auvergne et le site dédié spécifiquement à la chaîne des puys et à la magnifique campagne de communication qui vient d’être mise en place. Son message : inciter a découvrir les espaces naturels du PNR tout en mettant l’accent sur les gestes de base qui vont tous nous aider à préserver ces espaces naturels. Vous le voyez, il n’est pas question d’interdire l’accès au parc mais bel et bien d’inciter le plus de monde à y pénétrer, mais d’une façon intelligente, responsable et respectueuse des sites.
Donc, pratiquer le land art oui, mais pas n’importe comment, que ce soit en zone protégée ou n’importe où d’ailleurs.