


Deux nouvelles étapes cette semaine de notre périple Dignois.
Le refuge du vieil Esclangon et celui des thermes.
Comme pour la chapelle Sainte Madeleine, c’est vers 7h30 que nous entamons l’ascension. Cette fois ci ce ne sera pas plus long (environ 45 mn) mais un poil plus difficile. Le sentier est par moments à flanc de pente et les cailloux dévalent sous nos pas. Peu avant l’arrivée ce sont les vaches qui nous accueillent, libres dans ces espaces pastoraux. Elles nous guident jusqu’au refuge et passé les deux tours de clef qui nous séparent de l’œuvre que j’avais le plus envie de voir cette année, c’est l’émerveillement. Les randonneurs de la veille ont laissé un petit mot et une bouteille de vin de noix, mais à cette heure-là nous nous contenterons du café que nous avons pris avec nous. Sacs posés au sol et attablés à la lumière du soleil qui commence à baigner ce versant de la montagne nous contemplons la composition d’argile rouge qui recouvre le mur du refuge. Il y a au sol des branches chargées de feuilles séchées. Là depuis quelques jours, elles sont peut-être les restes d’une composition land art fait par les précédents occupants. Il n’en ait plus rien et je me donne pour tâche de nettoyer le sol de cette œuvre éphémère maintenant morte. Il s’en dégage de la poussière qui rend l’atmosphère des plus étranges et confère à cet instant quelque chose d’intemporel.
Sur le chemin du retour, nous croisons deux jeunes qui possèdent la deuxième clef du refuge (par mesure de sécurité pour l’œuvre, le musé Gassendi met à la disposition des randonneurs deux clefs). Brève discussion, ils sont de…. Clermont-Ferrand !






20 Comments:
Bonjour,
Cette histoire de clé est un drôle de truc...
à priori Andy souhaitais que les refuges puissent être ouverts en permanence et accessibles librement, mais pour des raisons de sûreté liées à la fragilité des oeuvres, certain ont ce système de clé.
Il y a 2 ans, avec ma femme et mes 2 jeunes enfants, nous avions été contraints de bivouaquer sur le seuil du refuge fermé, nous contentant de voir l'oeuvre par les baies latérales.
A Pâques cette année nous y sommes retourné dormir... avec la clé... et bien j'ai trouvé que cela avait une influence sur le rapport à l'oeuvre, dont on se sent dépositaire, responsable l'espace de ce court séjour. On se sent comme chez soi dans le refuge, on invite à sa découverte les randonneurs de passage qui ne s'y seraient sans doute pas arrêté sinon.
Andy parle de l'importance de pouvoir dormir, prendre un repas, vivre avec une oeuvre; cette expérience de la clé y rajoute la question, de son appropriation... un peu comme le fait d'avoir une toile à soi, chez soi, aussi modeste soit-elle, est différent de visiter un musée ou une galerie.
Troublant et à méditer pour quelqu'un comme moi qui n'est pas un furieux défenseur de la propriété privée.
Franck
j'ai eu exactement la même impression. C'est en partie pour cela que j'ai fais un peu le ménage devant l'oeuvre. ce que vous dite est extrêmement intéressant et vous mettez des mots sur une sensation que nous avons bien éprouvé.
A mon sens, la puissance du travail des artistes de la trempe d'Andy, c'est leur capacité à nous faire avancer sur des notions abstraites, au moyen d'expériences physiques éminemment concrètes.
Cela va bien au delà de la "simple" question du rapport de l'homme à la nature, que les livres, les textes et les vidéos arrivent plutôt bien à rendre, il s'agit du rapport intime entre le corps et l'esprit en chacun de nous.
Lors de ma première visite à Digne, j'ai découvert les oeuvres d'herman de vries au musée Gassendi, j'en ai beaucoup apprécié les qualités graphiques et j'ai donc acheté le livre disponible à l'époque sur son travail. Je dois reconnaître qu'à la première lecture j'ai trouvé ses considérations théoriques absconses, limite "fumeuses"... mais ce printemps, quelques jours après avoir passé la nuit au Viel Esclangon, nous sommes montés au sanctuaire de Roche Rousse et là j'ai compris en marchant: "ambulo ergo sum"
Alors que toute notre éducation cartésienne est fondée sur la primauté de la pensée ("cogito ergo sum") et donc pour le moins sur la différenciation du corps et de l'esprit, herman nous fait ressentir de tout notre être l'importance de l'expérimentation dans notre rapport au monde.
Je comprends aujourd'hui, à 46 ans, grâce à Andy, grâce à herman, des choses que je ressens intuitivement depuis toujours, et accessoirement pourquoi au fond, comme toi emmanuel, je suis devenu architecte.
A une époque où on a l'impression de connaître les choses dès lors qu'on en a vu des images, qu'on en a entendu parler, il me semble important d'expérimenter la réalité: aller voir les oeuvres en vrai, dans et hors des musées, visiter les bâtiments... dans certains cas (trop souvent), il n'y a rien au delà de l'image, c'est décevant mais utile de s'en rendre compte par soi-même.
Que ton blog et celui de Geco, en particuliers ces magnifiques "reportages" que vous distillez en ce moment, ne soient pas des visites par procurations, mais des incitations à faire comme vous, marcher sur les traces de ces artistes, rentrer dans leur démarche et se la ré-approprier, poser des pierres les unes sur les autres même si on est loin d'avoir leur niveau... pas besoin d'être Zidane pour jouer au foot.
Franck
je crois qu'effectivement aujourd'hui, des gens comme toi et moi cherchent des expériences dans le réel loin du théorique. C'est pourquoi il est important de ce rendre sur place. ce que je présente sur ce blog n'a qu'un but : donner envie aux autres d'allez sur place et de façon général, de pratiquer le land art.
et ta dernière phrase me touche particulièrement car elle reflète bien cela. Tu as tout pigé en ce qui concerne mes motivations!
Beaucoup plus simplement je dirais que c'est conteste ma première expérience de "téléportation"sur la toile. Oui, la première fois que des images et des mots me donnent à ce point l'envie d'y être, d'en faire l'expérience, physiquement. Mon mari, ma fille et moi, nous irons. Alors merci encore !
Mais nous ne sommes pas loin du théorique, nous sommes en plein dedans...
L'enseignement, c'est qu'il n'y a pas d'un côté la théorie, le concept, l'esprit et de l'autre la pratique, la fonction, le corps... du moins pas dans la nature; cette dualité n'est qu'une construction arbitraire qu'il nous est difficile de remettre en cause car notre éducation cartésienne repose dessus.
Quand Andy construit un cairn, il expérimente avec son corps et son esprit les propriétés de la pierre et les particularités du site; et cette oeuvre est tout autant une création intellectuelle qu'un ouvrage matériel.
C'est d'ailleurs pour cela, qu'à supposer qu'avec beaucoup de travail nous arrivions un jour à faire des cairns encore plus parfaits que ceux d'Andy, rendus par des photos encore plus belles que les siennes, nous n'égalerions pas pour autant la puissance de son oeuvre.
Continuons donc à faire nos gammes, enrichissons grâce à cela notre propre perception du monde et nos productions personnelles, communiquons notre enthousiasme par contagion et cultivons nos différences.
Franck
PS: je trouve, Emmanuel, que tes réalisations sont d'une très grande qualité, et que la modestie avec laquelle tu les présente t'honore (tu t'es rangé dans les amateurs sur le "portail du landart")
et bien cela fait rudement plaisir de voir que le but est atteint. merci à toi de m'en faire part.
Franck : je suis un faux modeste tu sais. Si un jour les gens qui font le site du portail me mettent dans la section PRO (c'est eux qui décident du classement) je ne dirais pas non. Bien que je ne vive pas du land art et que ce ne soit pour moi qu'une passion , certes dévorante mais pas un métier. Mais en effet j'essaie de cultiver le plus possible le fait de parler du land art et non de mon travail en particulier. Il n'est qu'un moyen d'amener les gens vers cette pratique, un exemple.
Pratiques tu de ton côté?
L'éternelle question du statut de l'Artiste...
Ton statut actuel te permet de faire tes armes honnêtement, de parler de ton travail comme tu le sens, en citant tes sources d'inspiration... à la différence de certains "pro" qui se sentent obligés de paraphraser, sans les citer, leurs illustres prédécesseurs, pour accompagner leurs "jolies images".
Profites-en, et continue... je pense que ton blog atteint parfaitement ses objectifs: il donne envie d'aller voir, d'approfondir en lisant, et d'essayer... l'évolution de ton propre travail étant très encourageant.
Je pratique moi aussi un peu, mais à la manière dont j'expérimente les vagues en bodyboard, les masses d'air avec un parapente ou un planeur radio-commandé, le vent avec un cerf-volant, la poudreuse avec un snowboard, le temps et l'espace en marchant, les bâtiments, les villes, les expos, les jardins en les parcourant...plutôt comme un moyen d'appréhender mon environnement et de me sentir vivant que comme une fin en soi.
"ambulo ergo sum".
Franck
Tu es un chanceux Manu, cette oeuvre d'Andy est magnifique. Je serai là l'été prochain pour la suite de la rando....et gouter à ces sensations...
De mon côté je propose une autre balade, celle des "chemins de la pierre sèche", sur les traces de Giono et des Contadouriens.
Je suis très heureux de découvrir les commentaires de Franck ( Merci) avec lequel nous partageons, j'en ai l'impression une passion commune.
Si on s'organisait un grand pique nique Land-art l'année prochaine. Je connais un beau coin dans le massif des Monges....pas très loin de Laforest
A bientôt
Merci à toi Geco, ton blog comme celui d'Emmanuel est motivé par la volonté de partager et non par celle de se mettre en valeur. Ton approche est vraiment personnelle et très intéressante, elle n'est pas redondante avec celle des artistes eux-même.
J'aime vraiment l'image de la chapelle de Thoar qui montre juxtaposées les oeuvres d'herman et de Andy.
Trop fort.
Franck
Geco : je m'en vais de ce pas voyager sur ton blog.
Franck : ce que tu dis dans l'avant dernier message est selon moi essentiel. EN fait je pratique le land art comme une sorte de thérapie avec un but à atteindre. Quel but ? Arriver un jour à me passer de montrer mon travail, arriver un jour à ne plus prendre de photo. Le pratiquer comme tu le dis, comme un moyen de me "sentir vivnat". Une façon de vivre quoi. Pour le moment je n'ai pas encore atteins ce stade et j'en suis encore à essayer d'obtenir l'approbation ou les commentaire des autres. Comme une sorte de réconfort. le fait d'avoir la sensation que ce que je fais est intéressant dans les yeux des autres. Le jour où j'arriverais à me passer de cela je crois que j'aurais fais un grand pas en avant. Non pas d'un point de vue artistique, mais d'un point de vue de "la vie " tout simplement. je t'envie donc un peu d'avoir cette façon d'appréhender les choses.
merci à toi
bonjour Emmanuel tes photos sont splendides, j'ai hâte de me rendre un jour sur ce lieu magique, bravo pour cette belle note.
Plus ça va et plus il me semble que "l'art" n'est en fait rien d'autre qu'un mode d'exploration et de compréhension du monde, au même titre que la science ou la philosophie.
Chacune de ces disciplines à ses règles, ses méthodes et aussi ses échelles de valeurs.
Ainsi, de même que n'importe qui peut faire de la science ou de la philosophie à son niveau, chacun peut faire de l'art, c'est une question de démarche, pas un jugement de valeur. On peut être un artiste mauvais et être un artiste quand même.
Les scientifiques mesurent la portée de leurs travaux aux nombres de publications et de citations dont ceux-ci font l'objet, pour la philosophie c'est me semble-t-il un peu la même chose, pour l'art... la mode, le marché et la spéculation qui va avec faussent la donne...
Dans chacune de ces disciplines, il y a également des notions d'échange, de transmission et de partage. Le prof de physique qui t'initie aux lois de la gravité, le philosophe qui t'enseigne un concept et l'artiste dont une oeuvre te bouleverse, modifient ta vision du monde.
herman de vries considère que son parcours personnel, ses multiples expériences scientifiques, philosophiques et artistiques, lui confèrent une sensibilité particulière à la perfection de la nature, qui lui permettent de s'émerveiller de chaque chose, de "se contenter" d'être contemplatif, mais que son boulot d'artiste c'est de faire partager cela au travers de son travail. En gros, un artiste pro, c'est comme un prof qu'on paye pour nous apprendre des trucs...
Un artiste amateur, comme nous, peut avoir déjà fort à faire avec sa propre compréhension et sa propre exploration. C'est mon cas. Rien ne l'empêche cependant de partager ses doutes, ses expérimentations. Il me semble que c'est ce que nous faisons grâce à ton blog et à celui de Geco.
Je ne voudrais pas donner l'impression de faire le malin, mais si je peux me permettre, il me semble que dans ton cas Emmanuel, ce que tu cherches à tester, c'est ta capacité à faire partager au travers de tes images et des courts textes qui les accompagnent, ce que tu ressens, ce que tu comprends, en pratiquant le landart. Si tu cherchais juste à savoir si les gens trouvent belles tes compositions, ton modèle serait plutôt Nils Udo qu'Andy Goldsworthy.
Pour ce qui me concerne, ne te fais pas trop d'illusions... je n'ai pas besoin de tester, je sais que je n'arrive pas (encore) à rendre ce que je ressens, sans doute par manque d'application, d'implication aussi... j'en reste au stade de l'esquisse ;-) mes photos peuvent éventuellement rafraîchir la mémoire de quelqu'un qui à réellement vu l'installation sur place, mais elles ne peuvent pas prétendre à une existence autonome (ce qui n'est pas le cas des tiennes). J'aimerais bien pourtant ! C'est frustrant, mais pas décourageant...
Je pense à un truc à ce sujet en même temps que j'écris: Il est relativement facile d'épater voir d'intéresser un passant, pris par surprise au détour d'un sentier avec un cairn, une arche ou une installation quelconque, c'est autre chose de produire une image qui tienne la route au milieu de tout ce que propose le net... tu t'en sors plutôt bien, et apparemment, je ne suis pas seul à le penser.
Franck
Je pense avoir la même approche qu'Emmanuel. Je suis amateur, passionné, amoureux... Le Land-art me permet de m'exprimer de façon poétique...mais je veux rester humble par rapport à mes créations.....
Je suis heureux quand les visiteurs s'évadent à travers mes articles et leurs commentaires m'encouragent vraiment....si on m'avait dit un jour que je vivrai une si belle aventure...
En parlant de poésie : " Lorsque l'on monte en direction de la maison, sur un chemin sinueux, on a la couleur rouge dans le regard et la couleur rouge sur les pieds. On arrive alors dans la maison et on regarde ce mur avec cette ligne rouge et sinueuse. Je pense que ce sera un formidable écho à la randonnée " Andy Goldsworthy parlant du Vieil Esclangon
En préparant mon voyage en Ecosse en camping car de cet été, je suis tombé la dessus:
http://www.grizedale.org/artists/andygoldsworthy/
J'aimerais avoir vos réactions.
Franck
encore une fois tu vois juste et ta vision des choses me rappel ce que je pense moi même et qui m'attire parfois les foudres d'autres personnes. A savoir : l'art peut être mineur ou majeur et du dessin d'enfant à la Joconde, ce sont là différentes façon de la pratiquer.
L'Ecosse, tu en viens ou tu y vas l'été prochain. Car là bas il y a vraiment moyen de se faire plaisir niveau land art. Beaucoup d'oeuvre de Goldsworthy y sont présentes. Et son dernier ouvrage "murs et enclos" reprend un projet qui ressemble u peu aux refuges d'art. Une série d'enclos à mouton réhabilités et truffés d'oeuvres du maître.
http://nature-art.blogspot.com/2009/06/ceci-est-de-lart-ou-pas.html
L'Ecosse, j'en reviens, et nous avons fait le jeu de piste de "murs et enclos", nous avons également crapahuté dans la tourbe à Clougha, arpenté le Yorshire Sculpture Park, affronté sous une pluie battante le troupeau de vaches qui garde jalousement le cairn de Penpont, sillonné la forêt de Grizedale en suivant le "mur parti se promener"... une vraie addiction...
C'est beaucoup moins spectaculaire mais beaucoup plus puissant que dans les livres. Certains de ces travaux qui ont maintenant plus de 15 ans sont vraiment totalement intégrés à ce paysage, enfouis dans les ronces, les orties et les fougères, recouverts de mousse, partiellement ruinés par l'érosion pour certains, où au contraire entretenu comme des monuments par les habitants du village.
Je suis un citadin (Paris), mais aussi depuis tout petit un familier des grands espaces, la mer, la montagne et des sensations fortes qui vont avec... l'image que l'on se fait de la Nature... "sauvage"... Le monde rural m'est totalement étranger.
Je pense que j'avais compris des trucs en lisant "murs et enclos" et d'autre textes d'Andy sur la question, mais sur place, je l'ai ressenti dans mes tripes...
Aucun des récits de voyage en Grande Bretagne que j'ai pu trouver sur le net ne s'attardait en Cumbria, et pourtant en y repensant, je pense avoir été plus marqué par cette expérience que par les paysages, grandioses au demeurant, des Highlands du Nord Ouest de l'Ecosse.
Lorsqu'avec mon Camping Car, je devais replier les rétros pour pouvoir passer entre deux murs de pierre bordant la route, je ne pouvais m'empêcher de penser que chez nous, les ingénieurs des Ponts auraient radicalement "remédier" à ces problèmes de flux... sans même imaginer avoir ainsi une quelconque influence sur l'identité profonde de la région... remember le bocage normand...
Le plus fort, c'est qu'il n'y a dans tout cela aucun romantisme pittoresque et que la démarche d'Andy est résolument contemporaine.
Même si les paysages sont totalement différents, il y a en cela de grandes similitudes entre cette région et celle de Digne qu'il nous révèle par son travail au coeur duquel il y a "l'homme".
Franck
mais tu n'as pas de blog où montrer tes photos de voyage? si c'est le cas je me ferais un plaisir de t'offrir un espace ici pour nous faire part de tes impressions de voyage (texte et photos). car cela m'intéresse grandement et je suis certain que ça va aussi intéresser pas mal de monde.
tu peux m'envoyer un mail si tu préfère ne pas communiquer plus sur ces commentaires.
je savais que le vieil Esclangon allait susciter une discussion intéressante mais là, ça dépasse toutes mes espérances!
Bonjour,
je découvre votre site ( via flickr et les photos que vous y avez posté). J'y reviendrai souvent;
Sachez juste que je me suis permise d'emprunter une de vos photos ( l'oeuvre ci-dessus vu de près) pour illuster un texte publié sur mon blog. Je l'ai fait suivre de la référence à cet article.
Si vous désirez que je la retire, n'hésitez pas à me le dire, je le ferai tout de suite. Sinon, c'est l'occasion d'une passerelle entre art, photo et mots...
Post a Comment